Nantes, le "deuxième naufrage" du chalutier Bugaled Breizh

Nantes, le "deuxième naufrage" du chalutier Bugaled Breizh

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FAITS DIVERS – Dix ans après le naufrage du chalutier breton, l’instruction menée à Nantes n’a pas permis d’identifier ses responsables… Le point.

Il y a tout juste dix ans, le Bugaled Breizh sombrait au large des côtes britanniques. Mais c’est bien à Nantes que le chalutier de Loctudy (Finistère) a connu son "deuxième naufrage", d’après Jacques Losay. Ce Lorientais de 80 ans – dont le gendre Thierry Lemétayer a perdu son père dans l’accident – n’est en effet pas tendre envers les deux juges d’instruction nantais qui ont repris le flambeau de leurs homologues de Quimper en décembre 2008. Ces derniers ont conclu à un non-lieu dans leur enquête pour "homicide involontaire" et "délit de fuite", n’ayant pu identifier avec certitude les responsables de la tragédie.

Pour tenter de "briser l’omerta du secret défense", l’octogénaire sort donc vendredi un livre intitulé Bugaled Breizh, l’enquête torpillée (éd. Locus Solus). Une "marche silencieuse" aura également lieu samedi à Loctudy, en mémoire des cinq marins noyés. "Les manifestations organisées devant le tribunal de Quimper, à l’époque, avaient porté leurs fruits : c’est grâce à elles qu’on avait obtenu que l’épave soit remontée", se souvient Jacques Losay. "A Nantes, on était plus loin… Les juges ont enterré l’affaire en beauté : il n’y a pas eu une seule audience publique."

L'hypothèse du sous-marin toujours présente

Or, pour les familles des victimes, cela ne fait pas de doute : le Bugaled Breizh a sombré après qu’un sous-marin a accroché ses filets. Le Turbulent, un sous-marin nucléaire d’attaque britannique, fait figure de principal suspect à leurs yeux. Mais deux autres, hollandais et français, pourraient être impliqués : un exercice militaire international se tenait au même moment. Seulement voilà : pour la procureur de la République de Nantes Brigitte Lamy, les traces de titane retrouvées sur les câbles du Bugaled Breizh ne sont "pas significatives de l’implication d’un sous-marin", indiquait-elle il y a un an. Et selon elle, le Turbulent était bien à quai le jour du naufrage.

Mais les proches des victimes n’en démordent pas. Pour contester la clôture de l’enquête, ils vont bientôt abattre leur dernière carte judiciaire devant la cour d’appel de Rennes. "Si un non-lieu est définitivement prononcé, on aura une carte à jouer en Angleterre : l’enquête y a été suspendue, le temps que celle en France soit menée", explique Dominique Launay, un Nantais de 51 ans, devenu président de la nouvelle association "SOS Bugaled-Breizh".
 

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