Nargesse Bibimoune, de la chronique Facebook au livre papier

FRANCE
LITTERATURE – Cette étudiante lyonnaise de 22 ans a commencé par publier les bribes d'une histoire intitulée "Dans la peau d'un thug" sur sa page Facebook. Un engouement s'est créé autour de son récit, lequel a même été publié par une maison d'édition.

D'Internet aux rayons des librairies, il n'y a parfois qu'un pas. En 2011, Nargesse Bibimoune entame l'écriture d'un livre sur son mur Facebook. L'histoire de Youssef, un jeune banlieusard qui voit sa vie bouleversée après la mort de son meilleur ami. Le récit passionne vite ses amis, qui lui conseillent d'ouvrir sur le réseau social une page exclusivement dédiée à cette fiction .

"Un groupe de lecteurs a alors commencé à me suivre, et grâce au bouche-à-oreille, cela a pris de plus en plus d'ampleur", confie Nargesse, étudiante de 22 ans en master science du religieux et de la laïcité à l'université Lyon 2. A intervalles réguliers, la jeune femme de 22 ans publie donc sur Facebook des bribes de son histoire, intitulée Dans la peau d'un thug. L'engouement est réel."Les gens avaient envie de savoir la suite, me demandaient de continuer. Alors même si ça me demandait beaucoup de temps et que j'ai souvent douté, cela m'encourageait à écrire', se souvient Nargesse.

Casser des barrières

Bien lui en a pris puisqu'aujourd'hui, plus de 20 000 personnes sont "fans" de son histoire. Un succès qui n'est pas passé inaperçu puisqu'une maison d'édition a même publié Dans la peau d'un thug en version papier. "J'ai vu qu'elle avait réussi à créer une véritable communauté de lecteurs sur Internet, explique Harald Bénoliel, directeur de IS Edition , l'éditeur de Nargesse. Surtout, elle n'avait pas écrit la fin de son récit sur Facebook, ce qui a forcément alléché le lecteur et l'a poussé à acheter le livre."

Nargesse est en tout cas ravie d'avoir pu donner le goût de la lecture à ceux qui n'ont pas forcément pour habitude de dévorer des bouquins. "Ecrire une histoire dans laquelle les jeunes se reconnaissent, et avec un vocabulaire qui leur parle, cela permet de casser des barrières, de démocratiser la littérature", estime-t-elle. Cette fana d'Harry Potter ne compte en tout cas pas s'arrêter là, puisqu'elle travaille actuellement sur un second projet.
 

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