Nice : indignation générale après l'expulsion d'Yvette, 98 ans

FRANCE

POLEMIQUE – A gauche comme à droite, les condamnations se multiplient au lendemain de l'expulsion d'une Niçoise presque centenaire. Le préfet, qui a autorisé le recours à la force publique, assure que "tous les moyens ont été déployés pour traiter humainement cette situation".

L'histoire de cette Niçoise presque centenaire, victime d'une escroquerie et expulsée de son appartement, faute de pouvoir en payer le loyer, a ému bien au-delà de la ville. Et depuis ce mercredi matin, l'affaire prend une tournure très politique. "Le manque d'humanité est dans cette affaire choquant" écrit le député-maire de Nice, qui précise avoir "trouvé, dès ce matin, une place pour cette dame âgée à la maison de retraite des anciens combattants et une place [pour] sa fille dans un foyer logement de la Ville".

Christian Estrosi, en conflit ouvert avec le préfet des Alpes-Maritimes depuis plusieurs semaines, n'a pas manqué l'occasion de tacler une nouvelle fois le représentant de l'Etat dans le département : "sans remettre en cause le travail remarquable de la police nationale, souligne Christian Estrosi, le concours de la force publique octroyé par le Préfet des Alpes Maritimes était peu adapté à la situation particulière des deux femmes".

"Logées chez des amis"

A gauche, le conseiller municipal et vice-président du conseil régional, Patrick Allemand, "demande au préfet de trouver instamment une solution sur son contingent prioritaire" et annoncé qu'il a "saisi immédiatement Sylvie Pinel, ministre du logement". Et l'élu socialiste de politiser à son tour l'affaire, en dénonçant les prix des logements à Nice : "ce fait divers vient cruellement nous rappeler que les familles niçoises modestes sont les premières victimes de la spéculation immobilière, entretenue par l'absence de politique volontariste de Christian Estrosi".

"Tous les moyens ont été déployés pour traiter humainement cette situation" se défend la préfecture,. "Un dispositif particulier a été mis en place avec un véhicule de secours des pompiers accompagné d'une équipe du Samu, le transfert aux urgences de l'hôpital Saint-Roch et le placement en maison de retraite dans un deuxième temps". La préfecture précise que "la commission DALO a rejetée, le 1er juillet, la demande d'attribution d'un logement prioritaire, compte tenu du non-respect de ses engagements de locataire [la fille de l'octogénaire], de sa mauvaise volonté et de la non production des pièces demandées". Selon la préfecture, "à l'heure actuelle, la mère et la fille sont logées chez des amis".

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