Nice : rescapé de trois tentatives d'assassinat, il est condamné pour "port d'arme"

FRANCE
JUSTICE – Un Bastiais, lourdement handicapé après avoir été blessé par balles à plusieurs reprises, a été condamné à Nice pour s'être déplacé avec un revolver chargé.

Survivre à trois tentatives d'assassinat, et donc légitiment craindre pour sa vie, ne procure pas pour autant un permis de port d'arme. Le tribunal correctionnel de Nice l'a fermement rappelé à Olivier Sisti en le condamnant ce lundi à huit mois de prison .

Ce Bastiais âgé de 40 ans est un miraculé. Attaqué une première fois fin 2010, puis de nouveau en mai 2012, il est hospitalisé dans un état grave à l'hôpital de Bastia. C'est là que ses tueurs à gage tentent une troisième fois de le liquider, en le criblant de balles tirées à travers la vitre de la chambre !

Il doit tenir sa bouche avec sa main gauche

Transféré au CHU de Nice, il survit au prix de lourdes séquelles : le bras droit paralysé et la mâchoire détruite. Il doit tenir sa bouche avec sa main gauche, la seule valide, pour répondre aux questions du tribunal, rapporte Nice-Matin.

Dans son sac, les enquêteurs de la police judiciaire de Nice - venus l'interpeller lors d'un coup de filet mené dans le cadre de l'affaire Leccia, le directeur général des services du conseil général de Haute-Corse assassiné le 23 mars dernier - ont découvert un revolver chargé.

"Une aide psychologique"

"J'ai peur pour ma vie. La personne qui m'a tiré dessus a été remise en liberté", a-t-il expliqué à la barre. Cette arme, qu'il aurait bien des difficultés à utiliser compte tenu de son handicap, ne serait rien d'autre qu''une aide psychologique, comme les femmes qui portent des bombes lacrymogènes", a plaidé pour sa part son avocat, cité par Nice-Matin.

Le tribunal ne l'entend pas de cette oreille et prononce huit mois de détention mais pas de mandat de dépôt. Olivier Sisti ne devrait donc pas retourner derrière les barreaux.

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