Nicolas Hulot veut que vous produisiez votre propre électricité : ces communes et ces particuliers le font déjà

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ÉCOLOGIE – À l’occasion de la présentation, ce jeudi, de son plan de lutte contre le réchauffement climatique, Nicolas Hulot s’est dit favorable au développement de l’autoconsommation électrique, à l’échelle individuelle et collective. Une forme d’autarcie que quelques (rares) ménages, associations ou communes ont déjà mise en œuvre. Tour d’horizon.

L’idée ? Produire et consommer sa propre énergie verte. A l’occasion de la présentation ce jeudi de son plan d'action pour lutter contre le réchauffement climatique, Nicolas Hulot s’est notamment dit favorable au développement de l’autoconsommation électrique, à l’échelle individuelle et collective. "C’est une demande forte avec une tendance faible ; on va essayer de concilier les deux", a insisté le ministre de la Transition énergétique et solidaire, sans préciser ni le timing ni les moyens. 


Rappelant que "14.000 foyers français consomment aujourd’hui leur propre énergie" et que "350.000 producteurs individuels revendent leur électricité à EDF", l’ancien journaliste a appelé au sursaut, soulignant que la planète était à l’aune d’une "révolution". Pour arriver à cette forme d’autarcie, Nicolas Hulot s’inspirera sans nul doute de l’exemple de ces (rares) ménages, associations ou communes de l’Hexagone qui se sont déjà lancés dans l’aventure. 

En individuel

Si d’autres moyens se mettent peu à peu en place – les hydroliennes par exemple – pour produire seul son électricité, la solution se résume souvent à faire installer chez soi des panneaux solaires. Placés sur le toit ou dans une zone bercée de lumière, ils permettent de subvenir à ses propres besoins. Mais aussi de faire de jolis gains, même si la mise de départ est conséquente – entre 8000 euros et 12.000 euros selon les usages, d’après les sites spécialisés. 

Outre le geste civique pour la planète, les retombées financières peuvent en effet devenir importantes au fil des années. Tant par l’allègement de la facture électrique que par la possible revente de son énergie. Comme le rappelle Service-Public, "Electricité de France (EDF) ou l'entreprise locale de distribution (ELD) ont l'obligation d'acheter votre électricité si vous en faites la demande".


"Lorsque je ne produis pas assez d’électricité, j’en achète à EDF et lorsque je produis plus que ce que je consomme, je la vends à EDF", confiait récemment au site We Demain l’un de ces Français autoproducteurs. "Pour l’année 2013, où nous n’avions pas de panneaux solaires, notre facture d’électricité était de 2023,17 euros. Pour l’année 2015, elle était de 1 133 euros, moins les 632 euros de revente, soit 501 euros."

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En collectif

Un immeuble, une résidence, un quartier, une commune : pour viser collectivement l’autosuffisance, les possibilités sont nombreuses. Nicolas Hulot entend les rendre plus accessibles. "On aidera également les quartiers et les zones rurales à produire et à consommer leur propre énergie, biogaz ou énergie solaire", a précisé le ministre devant la presse. Une volonté qui passe par un meilleur traitement des déchets, un meilleur recyclage, mais aussi une meilleure production locale d'énergie. 

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Là-encore, les solutions existent déjà. À la pointe sur la question d’autonomie énergétique, le réseau "Energie partagée" soutient, accompagne ou finance plusieurs dizaines de projets du genre – listés ici – à travers la France. Photovoltaïques, éoliennes, hydrauliques, agricoles, sylvicoles… : la plupart des sources durables d’électricité sont exploitées et connaissent un franc succès. 


A Béganne (1400 habitants), ville pionnière, ou à La Limouzinière (2400 habitants) en Loire-Atlantique voisine par exemple, l’installation d’éoliennes dites "citoyennes" a permis de rendre la communauté autosuffisante. Avec respectivement 18.000 et 10.000 mégawatts d’électricité produite par an grâce à quatre hélices pour l’une, trois hélices pour l’autre, les besoins de la population sont largement couverts. "Au départ, c’était une idée folle", racontait Michel Leclercq, porteur du projet morbihannais baptisé "Bégawatts". "Puis, de plus en plus de gens nous ont rejoint et y ont cru. En 10 ans, nous avons tout appris sur le tas, au fil des obstacles techniques, réglementaires, financiers. Quel bonheur de voir aujourd’hui ces 4 éoliennes qui tournent. Et tout une région qui souffle derrière !" De quoi donner des idées. 

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