Nissa la bella, Cours Saleya, Pan Bagnat: l’identité niçoise leur appartient

Nissa la bella, Cours Saleya, Pan Bagnat: l’identité niçoise leur appartient

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Alors que le dépôt de la marque "Issa Nissa" crée la polémique, plusieurs autres pans du patrimoine culturel de Nice ont déjà été transformés en marques sans faire de vague.

Le dépôt de la marque Issa Nissa par un Mentonnais a fait polémique il y a deux semaines . L’idée scandalise non seulement l’OGC Nice, les clubs de supporters, mais aussi un certain nombre de Niçois à commencer par le maire. Christian Estrosi a dénoncé "l’utilisation à des fins mercantiles d’un slogan qui appartient à l’histoire et au patrimoine niçois, [une] tentative révoltante et intolérable". Cet entrepreneur n’est pourtant pas le premier à s’être offert un morceau du patrimoine niçois en le déposant à l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI) . Il suffit de se rendre sur le site de l’institut pour le constater.

Le Cours Saleya appartient à un Cannois

Au rayon textile, la marque M’en bati sieu nissart a déjà été déposée, sans faire de vague, en juin dernier et Nissart, autre marque de vêtements basée rue Saint-François-de-Paule, propose des tee-shirts depuis près de dix ans ! Autre expression indissociable de Nice, Nissa la bella est depuis 2005 la propriété de deux Niçois. Quant à Nice la belle, c’est un jeune de Haute-Corse que l’a déposée le premier.

Les lieux emblématiques de la Ville peuvent aussi devenir des marques. C’est le cas du Cours Saleya qui appartient à Julien Tabore, le nouveau président de la Jeune chambre économique de Cannes – Le Cannet – Mandelieu. "Je l’avais déposée quand j’étais étudiant mais je ne l’ai jamais utilisée et je n’ai aucun projet mercantile" assure le jeune entrepreneur. Il a pourtant déjà été contacté par "une marque de montres de luxe" qui souhaitait utiliser sa marque, ce qu’il a refusé. "Chacun est libre, c’est une question d’éthique".

La ville rachète Les vélos bleus

La Promenade des Anglais, qui sera peut-être un jour classée au patrimoine mondial de l’UNESCO est déjà une marque… propriété de la ville de Nice depuis 1999. La commune détient aussi Promenade du Paillon, déposée en octobre juste avant l’inauguration, Villa Masséna, Nikaïa, Acropolis ou encore la Victorine. Elle a aussi protégé son Nice Jazz Festival, son Chantier sang neuf, ses Spot Mairie et Spot Wifi Nice, ainsi que Aigloun dès 1997. Plus généralement, la mairie précise à metronews qu’elle "conduit une veille sur les marques qui sont déposées sur le territoire français et qui sont plus ou moins proches de l’appellation ‘Nice’"

Avec Les vélos bleus, la ville a cependant dû signer un gros chèque en 2009 pour racheter la marque, qu'un Niçois avait déjà imaginée. "Nous avions le projet de louer des vélos sur la Prom’ et nous avons dans cette optique déposé les noms de domaine sur internet. En 2007, quand Christian Estrosi a annoncé durant sa campagne qu’il voulait lancer un service de ‘vélos bleus’, on a eu l’idée de spéculer en déposant la marque. On a contacté la ville une fois qu’il était élu et on a négocié... Au début ils nous ont proposé 1000 euros", témoigne l'infographiste. Selon nos informations, il aurait finalement vendu la marque 10.000 euros. Trois ans plus tôt, la ville avait déjà récupéré, gratuitement précise la mairie, la marque Les chaises bleues.

Jean Icart propriétaire de Port Nice Côte d’Azur

Les marques Port Nice Côte d’Azur et Port Côte d’Azur appartiennent quant à elles à Jean Icart, le conseiller général du 2ème canton et candidat aux prochaines élections municipales à Nice. "Ce n’est pas du tout pour créer une marque, assure l’élu. Je l’ai déposé parce que je travaille depuis longtemps sur les problématiques du port de Nice et de son extension à Saint-Laurent-du-Var, et que j’en ai eu assez de me faire piquer mes réflexions !"

Les spécialités culinaires n’échappent pas non plus aux appétits commerciaux. Miel de Nice et Meu de Nissa appartiennent au célèbre Père Gil Florini, également producteur et propriétaire du nom Pastis de Nice. Plus étonnant, le pan bagnat est un sandwich... américain. C’est la société Green Industries qui détient la marque The french sandwich pan bagnat depuis mai dernier. Mais qu’on se rassure, la ville de Nice reste propriétaire  de mesclun de ratatouille.

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