Notre-Dame-de-Lorette: les profanateurs de tombes présumés au tribunal

Notre-Dame-de-Lorette: les profanateurs de tombes présumés au tribunal

France
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JUSTICE - Les deux jeunes hommes accusés d'avoir profané en 2008 les tombes musulmanes du cimetière militaire de Notre-Dame-de-Lorette, dans le Pas-de-Calais, comparaissent à partir de jeudi devant le tribunal correctionnel d'Arras.

Six ans après les faits, les auteurs présumés de la profanation des 148 tombes du carré musulman du cimetière national de Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais) comparaissent jeudi devant le tribunal d'Arras. Ils sont accusés, dans la nuit du 5 au 6 avril 2008, d'avoir tagué des sigles nazis, des croix gammées et des inscriptions injurieuses visant l’Islam et la garde des Sceaux de l’époque Rachida Dati dans le plus grand cimetière militaire français.

Une demi-tête de porc, accompagnée du mot “halal”, avait été retrouvée attachée avec une ficelle à l’une des tombes du cimetière où reposent 40.000 soldats de la Première guerre mondiale, à Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais), près d’Arras. Cette profanation, un an après des faits similaires, avait suscité une vive émotion et l’indignation de la classe politique et des autorités religieuses.

"Pas de preuves scientifiques"

Les deux accusés, mis en examen en septembre 2008, nient aujourd'hui catégoriquement leur implication. L'un d'eux, âgé aujourd'hui de 29 ans, appartenait à l'époque à la mouvance skinhead et avait déjà été condamné à deux ans de prison dont un an avec sursis pour la profanation de 52 tombes musulmanes, en avril 2007, dans ce même carré musulman de Notre-Dame-de-Lorette. Le jeune homme vivait, au moment des faits, à Eleu-dit-Leauwette, à une dizaine de kilomètres du cimetière et a travaillé de 2007 à 2011 dans le bâtiment.

“Depuis le début, il a dit qu’il était innocent, qu’il avait été vacciné par la première affaire, souligne son avocat Me David Lefranc. D’ailleurs, dans la première affaire, il a tout de suite reconnu sa responsabilité. Il avait déjà été condamné pour ça, et comme il habite dans le coin, on a tout de suite pensé à lui, et comme il sortait avec des copains ce soir-là, on s’est dit 'ça ne peut être que lui'. Il n’y a vraiment rien dans le dossier: il n’y a pas de preuves irréfutables, scientifiques : ce ne sont que des soupçons”. Son avocat l'assure : “il a beaucoup changé. Son aspect physique a changé, il n’a plus le crâne rasé, il a une vie affective stable, il a fait le ménage dans ses relations.”

Les associations parties civiles

L’autre prévenu, âgé de 26 ans, déjà condamné pour des faits de violence, était engagé volontaire dans l’armée de l’air au moment des faits. “Il n’y a aucun élément à charge contre lui”, affirme son avocat, Me Jean-Louis Lefranc, qui attend “un abandon des poursuites”.

Tous deux ont effectué trois semaines en détention provisoire avant d’être remis en liberté et placés sous contrôle judiciaire. Plusieurs associations, dont le MRAP, la Licra et SOS Racisme se sont constituées parties civiles.

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