Notre-Dame-des-Landes : "Cet aéroport, on ne le fera pas mais on ne peut pas le dire"

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POLITIQUE - "Cet aéroport on ne le fera pas, il est trop cher, mais on ne peut pas le dire publiquement." C’est, d’après Daniel Cohn-Bendit, interrogé ce mercredi matin sur Europe 1, ce que Manuel Valls aurait indiqué au groupe EELV.

"Cet aéroport (Notre-Dame-des-Landes, ndlr) on ne le fera pas, il est trop cher et il est d’un autre temps. Mais on ne peut pas le dire publiquement aujourd’hui car je ne peux pas froisser mon prédécesseur au gouvernement (Jean-Marc Ayrault, ndlr)." C’est, d’après Daniel Cohn-Bendit interrogé ce mercredi matin sur Europe 1 , ce que le Premier ministre Manuel Valls aurait indiqué à Jean-Vincent Placé, lors de négociations entre le PS et le groupe EELV.

"C'est aberrant qu'on ne puisse pas le dire"

L’eurodéputé s’appuyait sur l’exemple de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pour donner son avis sur le nouveau gouvernement de Manuel Valls, dont le mode de fonctionnement est pour lui "aberrant" : "C’est aberrant que quelque chose dont on a décidé qu’on ne le fera pas, on ne puisse pas le dire", a-t-il ajouté. "Cela c’est le gouvernement de la vérité, de la vérité économique ? Et bien je crois que ca va dans la mauvaise direction."

En effet, pour l’ancien leader de Mai-68, "après le départ des frondeurs du gouvernement, le couple Valls-Hollande avait besoin d’élargir sa majorité. Ce gouvernement aurait pu démontrer un écoréalisme dont il a besoin dans sa politique." En fin de matinée, Jean-Vincent Placé n'a pas confirmé l'information. "Je ne rapporte pas mes échanges avec le président de la République ni le Premier ministre et ne confirme pas", a-t-il indiqué sur son compte twitter.

Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est pour l'instant en stand-by, dans l'attente de l'étude des recours déposés en justice par les opposants.
 

L'UMP locale réagit

Les révélations de Daniel Cohn-Bendit ont entraîné ce mercredi après-midi une réaction de François Pinte, président du groupe UMP départemental, demandant "au Premier ministre de confirmer une fois pour toutes la réalisation de l’aéroport du Grand Ouest, porté depuis des décennies par les majorités locales successives d'Olivier Guichard à Jean-Marc Ayrault en passant par François Fillon". Pour lui, le transfert de l’aéroport à Notre Dame des Landes est "une chance pour l’Ouest", permettant de répondre à la croissance du trafic, mais "surtout de créer de l’emploi : jusqu’à 4 000 emplois directs et indirects liés au chantier et des milliers d’emplois générés sur la zone aéroportuaire d'ici 2025", estime-t-il. Il accuse ainsi les Verts de "destruction massive de l’emploi dans la région des Pays de la Loire".

Jacques Auxiette ne "commente pas"

En fin de journée, le président de la Région Pays de la Loire, soutien de l'aéroport, a lui aussi envoyé un communiqué. Jacques Auxiette indique ainsi ne pas souhaiter "commenter les "on m’a dit que" rapportés par un chroniqueur partisan. Ce, d’autant moins, que l’élu cité dans la chronique refuse lui-même de confirmer ces propos." Le président tient cependant à rappeler que "conformément aux engagements pris par le gouvernement, la prochaine échéance attendue sur le dossier du transfert d’aéroport à Notre Dame des Landes est la validation par la justice des arrêtés permettant le début des travaux." Il se dit enfin "convaincu" que ce projet est "nécessaire pour le développement du grand ouest et qu’il permettra également la création d’emplois à court terme".

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