Notre-Dame-des-Landes : des entreprises menacées vont porter plainte

Notre-Dame-des-Landes : des entreprises menacées vont porter plainte

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AEROPORT – Depuis 2011, une soixantaine d’entreprises travaillant sur Notre-Dame-des-Landes ont été victimes de malveillances, d’après AGO. Après un mail anonyme d’intimidation envoyé à une vingtaine de sociétés, une plainte va être déposée.

"Si vous décrochez ce marché, l'intégrité de votre entreprise pourrait en être gravement affectée." C’est d’ après France Info , le contenu d’un mail anonyme qu’auraient reçu une vingtaine d’entreprises, amenées à intervenir lors des travaux sur le futur aéroport Notre-Dame-des-Landes. Un processus d’intimidation contre lequel plusieurs sociétés ont décidé de porter plainte, demain mercredi.

D’après France Info , l’auteur du courrier détaille dans la suite de son message "la liste des délits et sabotages infligés à des sociétés qui ont déjà travaillé sur le site" : destruction de matériel de chantier, de dégradation de bureaux, vols de données, piratage de site Internet ou encore intimidation des salariés et pneus crevés. "Ça n’est pas la première fois que l'on reçoit des lettres de menaces", explique un patron interrogé par la radio. Il évoque "un site sur lequel on est cité comme étant une cible en appelant tout le monde à venir perturber la vie de l'entreprise et en nous menaçant de faillite. L'objectif des opposants est de créer un climat de peur pour que personne ne réponde." Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Nantes.

Des attaques pas nouvelles

L'association de soutien à l’aéroport Des ailes pour l'Ouest s’est saisie du dossier et a annoncé qu’elle déposerait une plainte contre X jeudi, pour "atteinte à la liberté d'entreprendre et menaces de destruction". D’après AGO, filiale de Vinci et concessionnaire du futur aéroport, une soixantaine d’actes de malveillances auraient ainsi été commis depuis 2011, contre une quinzaine de sociétés sous-traitantes.

Le dernier acte, particulièrement médiatisé, avait eu lieu en novembre 2013, dans les locaux de Biotope, société d’ingénierie écologique et environnemental. Les locaux avaient été cambriolés, du matériel cassé et dérobé. Le bureau, qui travaillait sur une dizaine de dossiers, avait notamment réalisé des études sur un sujet plus sensible : les effets de la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sur la faune et la flore. Le directeur de l’antenne avait à l’époque indiqué avoir déjà eu à faire face à des antécédents, en 2011 : vol de dossiers, versement de purin dans les locaux, réception d’un cercueil par courrier à son domicile. A chaque fois, des plaintes avaient été déposées. Mais les enquêtes n'avaient pas pu prouver qui étaient les auteurs des méfaits.

Valls se dit toujours déterminé

Les associations anti-aéroport, sollicitées par France Info, se montrent en revanche exaspérées par la situation : "Je voudrais qu’on arrête de nous demander de condamner ces actions ou pas", indique ainsi Françoise Verchère, de l’Acipa. "Quand les bulldozers vont plus vite que la justice, à un moment donné il ne reste que l’occupation du terrain et des méthodes qui peuvent effectivement être dérangeantes, mais qui sont une sorte de légitime défense."

Car sur le fond du dossier, les opposants peinent à se faire entendre : vendredi dernier, le Conseil d’Etat a rejeté les pourvois formés par des riverains opposés au projet, demandant l’annulation de leurs expropriations. Une trentaine de recours restent à juger, une cinquantaine ayant déjà été rejetée par le tribunal administratif. Manuel Valls, à Nantes ce mardi, a réaffirmé sa détermination à mener à terme ce projet d’aéroport, une fois les recours étudiés, d’ici les premiers mois de 2015.

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