Notre-Dame-des-Landes : jugés pour s’être dénudés devant les policiers

Notre-Dame-des-Landes : jugés pour s’être dénudés devant les policiers

AEROPORT – Deux opposants à la construction de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, condamnés en mars 2013 à 15 jours de prison avec sursis pour "outrage" après avoir déambulé nus devant des gendarmes, ont comparu mercredi devant la cour d'appel de Rennes.

La nudité est-elle un outrage ? Ou un geste poétique et artistique comme les accusés l’avancent ? Les deux versions se sont affrontées ce mercredi devant la cour d’appel de Rennes.

Deux jeunes opposants à la construction de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes y comparaissaient. Ils avaient été condamnés en mars 2013 à 15 jours de prison avec sursis pour "outrage" après avoir déambulé nus devant des gendarmes mobiles sur le site. La décision a été mise en délibéré au 18 février, alors qu'une petite centaine d'opposants au projet d'aéroport s'était rassemblée en soutien devant la cour d’appel.

Volonté de "ridiculiser" les gendarmes ?

Les deux jeunes, une jeune femme et un jeune homme âgés respectivement de 32 et 34 ans, avaient fait appel de leur condamnation prononcée le 5 mars par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire. Celui-ci les avait jugés coupables "d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique" pour s'être promenés nus, pacifiquement, devant les forces de l'ordre lors d'une intervention de ces dernières sur le site en novembre 2012. A la barre mercredi, un des appelants a expliqué que cette "action symbolique" avait pour but d'exprimer pacifiquement leur volonté de "défendre la nature", menacée selon lui par le projet d'aéroport. "Je trouve totalement inacceptable et déplacé que nous soyons considérés comme des criminels", a-t-il lancé.

Leur avocat, Me Erwann Lemoigne, a souligné que ses clients n'avaient "pas voulu montrer de l'irrespect envers les forces de police" et a contesté l'existence même du délit "d'outrage".
Il a dénoncé "l'instrumentalisation pour l'exemple de ce délit", qui "fait partie d'un arsenal juridique pour neutraliser les opposants", afin de "criminaliser l'action militante".

L'avocat général a demandé pour sa part la confirmation de la peine de première instance. Soulignant que se dénuder devant les forces de l'ordre constitue bien un délit, il a expliqué qu'il y avait bien eu volonté de "ridiculiser" les gendarmes, notamment en suscitant les quolibets des autres opposants à l'aéroport présents sur les lieux.

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