Notre-Dame des Landes : les zadistes saluent une "victoire historique"

France
DENOUEMENT - "Une immense joie", une "victoire historique" : les opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ont accueilli avec soulagement ce mercredi l'annonce de son abandon. Une décision qui met un terme, pour certains d'entre eux, à une bataille vieille de près de quarante ans.

Coups de klaxons et scènes de liesse... La décision du gouvernement d'abandonner le projet d'aéroport à Notre-Dames-des-Landes (Loire-Atlantique) a déclenché une explosion de joie dans la ZAD. Sitôt l'annonce d'Edouard Philippe terminée, une vingtaine d'occupants ont ouvert du champagne, entonné des chants et se sont tombés dans les bras. Tandis que dans la tour de guet, là où aurait dû être bâtie la tour de contrôle, des opposants se sont mis à danser et ont accroché une banderole en forme de pied de nez. Il y a simplement été écrit : "Et toc !".

C'est une immense joie pour tous ceux qui ont lutté contre le projet. Je pense aux anciens de la lutte qui sont partis.Julien Durand, porte-parole de l'Acipa

Le mouvement anti-aéroport dans son ensemble a salué dans un communiqué "une victoire historique", obtenue "grâce à un long mouvement aussi déterminé que divers".  "C'est une immense joie pour tous ceux qui ont lutté contre le projet. Je 

pense aux anciens de la lutte qui sont partis", s'est pour sa part réjoui Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale association d'opposants, fondée en 2000, au moment de la relance du projet d'aéroport par le gouvernement de Lionel Jospin. 


"Pour moi, c'est un grand soulagement. C'est la décision qu'on attendait depuis très longtemps. On l'attendait quand même avec un peu d'inquiétude car on a été échaudé à plusieurs reprises", a déclaré de son côté Claude Colas, autre figure du 

mouvement anti-aéroport et l'un des neuf co-fondateurs de l'Acipa. "Aujourd'hui, il reste l'avenir de la ZAD. On attend que le gouvernement nous laisse le temps de nous organiser, qu'il accepte de négocier dans le sens d'une zone expérimentale pour l'agriculture", ajoute-t-il. 

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"Trêve hivernale"

Le collectif a promis de "répondre lui-même" à la réouverture des axes routiers qui traversent la ZAD, et en

particulier la D281, surnommée la "route des chicanes". "La présence ou l'intervention policières ne feraient qu'envenimer

la situation", prévient-il, alors qu'Edouard Philippe a demandé à ce que la zone soit évacuée à la fin du printemps. Ils réclament désormais un "gel de la redistribution institutionnelle des terres" pour que la ZAD puisse "rester un espace d'expérimentation sociale, environnementale et agricole".


"Le Premier ministre s'engage à respecter la trêve hivernale. C'est une bonne chose, ça nous donne du temps pour discuter", souligne Julien Durand. Il a appelé les participants aux rassemblements prévus en fin de journée à Nantes et Rennes notamment, à "garder leur sang-froid" et à "ne pas déraper". "L'avenir de la ZAD se joue peut-être ce soir dans la rue. Ne gâchons pas la victoire", a lancé le septuagénaire, coiffé de son habituelle casquette. 

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