Notre-Dame-des-Landes : "Si les policiers viennent, on leur souhaite bien du courage !"

Notre-Dame-des-Landes : "Si les policiers viennent, on leur souhaite bien du courage !"

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PROJET –Alors que le préfet a signé les arrêtés autorisant les travaux sur le site du futur aéroport, et que le concessionnaire Vinci se déclare prêt à intervenir, la vie se poursuit sur la Zad (Zone à défendre), occupée par les opposants. Ils préparent une grande manifestation à Nantes le 22 février.

Notre-Dame-des-Landes, lundi matin. La brume s’accroche à la Zad (Zone à défendre, baptisée ainsi par les opposants à l'aéroport) et son paysage de bocage, qui s’étire sur des kilomètres. Dans le silence, haies et champs humides prennent des teintes fantomatiques. Puis un rayon de soleil perce, dévoilant les corps de ferme au fil de la route, quelques cabanes quasiment invisibles au milieu des bois. Et la vie qu’il y a.

Car ici et là, des silhouettes surgissent. En bottes dans la boue, manteaux renforcés, quelques opposants rejoignent la Vache rit, un grand hangar en bordure de la Zad, où se tiennent les principaux meetings. Tranquillement, café à la main.

"Vigilance extrême"

Pourtant, la veille, des rumeurs ont sévi sur les réseaux sociaux : l’expulsion serait pour aujourd’hui ; depuis quelques jours, des forces de CRS sont signalées à Nantes. "Depuis que le préfet a signé les arrêtés autorisant les travaux, nous sommes en vigilance extrême", reconnaît Julien Durand, porte-parole de l’Acipa, une des associations d'opposants. "Mais il faut garder les nerfs solides, ne pas s’affoler à la moindre alerte. Le combat est long. Mais on est confiants, on est prêts. Si les policiers viennent, on leur souhaite bien du courage."

Autour de la table où se sont réunies les diverses sensibilités d’opposants, tous en effet affichent leur "détermination" et leur "sérénité". Ils se sentent plus forts même qu’à l’automne 2012, date des premières expulsions.

"Depuis le 31 mars, tout est figé : Vinci n’a rien fait sur le territoire. Mais nous, nous sommes renforcés", témoigne Camille, une Zadiste. "Nous sommes environ 200 habitants sur la zone, dans des cabanes ou des logements en dur, 200 comités locaux nous soutiennent dans toute la France".

L'aéroport, une convergence de tout le ras-le-bol du système

En cas de début des travaux, les opposants à l’aéroport ont peaufiné leur plan d’action : "Occupation des lieux de pouvoir, blocage de la région, appel aux comités de soutien pour venir", égrènent-ils.

En attendant, la vie sur la Zad se poursuit, autour de leur "stratégie de réoccupation" : "La résistance à Notre-Dame-des-Lande est souvent présentée comme radicale, destructrice. Ce n’est pas vrai. Cet aéroport est sans doute une convergence de tout le ras-le-bol du système dans lequel on est", estime Camille.

Les opposants veulent s’inscrire dans une démarche constructive : une vingtaine de projets de plantations ont été menés l’an dernier pour réoccuper ces terres. "Au quotidien, on apprend à devenir autonome le plus possible, à acquérir des techniques. C’est riche.", conclut Camille.

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