Voeux présidentiels : Emmanuel Macron va-t-il innover... comme eux l'ont fait ?

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STYLÉ - C'est un exercice imposé de la Ve République mais en s'invitant "cathodiquement" à la table des Français au soir du réveillon, Emmanuel Macron va-t-il prendre des largesses avec le protocole ? Ce dimanche 31 décembre, le président adressera ses vœux aux Français. Classique ou nouveau monde ? En attendant 20 heures, voici les touches d'audace que se sont autorisés certains de ses prédécesseurs.

Emmanuel Macron est attendu au tournant. Comment ce président de la République qui entend casser les codes, va-t-il dépoussiérer l'exercice  des voeux présidentiels ? En déambulant dans les couloirs de l'Elysée à la manière de son interview avec Laurent Delahousse ? Sur un air de Daft Punk comme lors du 14-juillet ? Ou alors, bien campé derrière son bureau comme l'ont fait la plupart de ses prédécesseurs. 


Pour l'instant, Emmanuel Macron entretient méticuleuseument le suspense et on ne saurait deviner s'il fera preuve d'une audace toute "giscardienne" (ou pas). Une chose est sûre, ce sera à 20 heures et devrait rassembler entre 9 et 11 millions de téléspectateurs. Reste que depuis le début de la Ve République - et depuis que le Général De Gaulle a initié la tradition -, les touches personnelles sont faites avec parcimonie : 

 

En couple au coin de la cheminée

En 1974, pour ses premiers voeux, Valéry Giscard d'Estaing, renonçant au bureau de ses prédécesseurs, se présente au coin du feu, assis dans un fauteuil près d'une cheminée de l'Elysée.  En 1975, dans la même scénographie, son épouse est présente à ses côtés et VGE déclare : "je crois qu'Anne-Aymone veut aussi vous adresser ses voeux". Celle-ci s'exécute en quelques mots. Ce sera la seule fois qu'une première dame se pliera à l'exercice.

"Vive la République"

Pour ses premiers voeux en 1981, François Mitterrand innove sur la forme avec le sous-titrage pour sourds et malentendants. Plus tard, comme pour les autres programmes de télévision, les évolutions techniques permettront d'avoir accès aux sous-titres à la demande.   Le président socialiste renoue avec la formule de conclusion  "Vive la République !  Vive la France !" du général de Gaulle, que Georges Pompidou puis Valéry Giscard d'Estaing Giscard avaient délaissée. A partir de 1984, le drapeau français est installé à ses côtés.

Vœux strasbourgeois

Le 31 décembre 1988, François Mitterrand est à Strasbourg, avec en arrière-plan le drapeau français et, pour la première fois, le drapeau européen, "parce que Strasbourg est la capitale de l'Europe".  Son choix est hautement symbolique pour soutenir la capitale alsacienne dans la bataille qui l'oppose à Bruxelles pour le choix définitif du parlement de la Communauté européenne.  C'est la seule fois qu'un chef de l'Etat quitte l'Elysée pour les voeux de Nouvel an. Mais les deux drapeaux, tricolore et étoilé, deviendront la norme. Le président Mitterrand fera également précéder ses allocutions du 31 décembre par une musique grand siècle, à l'instar de ses prédécesseurs Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing.

Des vœux debout

Le 31 décembre 1997, Jacques Chirac, confronté à une cohabitation avec un gouvernement de gauche, reste debout pour donner plus de dynamisme à son message. C'est une première. Ensuite, selon les années, les présidents seront debout, ou assis derrière leur bureau.

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