Nouvelle-Calédonie : la question posée lors du référendum d'indépendance désormais connue

FRANCE

Toute L'info sur

Référendum historique sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

POLITIQUE - À presque sept mois du référendum sur l'indépendance, les élus de Nouvelle-Calédonie sont parvenus ce mercredi à un "compromis" sur la formulation de la question qui sera posée le 4 novembre.

Elle a enfin été tranchée. "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" : tel sera l'intitulé exact de la question posée aux votants (avec des bulletins "oui" et "non") lors du référendum sur l'indépendance de ce territoire contrôlé par la France depuis 1853 constitué de dizaines d'îles dans le Pacifique Sud .

Voir aussi

Ce choix, qu'Edouard Philippe a indiqué avoir "proposé" au terme de discussions "directes" et "franches", a été adopté ce mercredi après plus de quinze heures de réunion du 17e comité des signataires de l'accord de Nouméa, dont une phase finale marathon de plus de sept heures à Matignon.

"Nos travaux ont toujours été guidés par la fidélités aux principes qui régissent les référendums et les consultations : la clarté, la sincérité et la loyauté. Ces principes ont rayonné au-delà même de la question la plus emblématique qui nous était posée, c'est-à-dire justement la formulation de la question", a expliqué le Premier ministre, se félicitant que "des étapes importantes aient été franchies".

Des craintes

"Le champ des possibles était restreint car largement défini dans l'accord de Nouméa et la loi organique", a continué le Premier ministre, expliquant que "de très larges consultations sur la structuration de la question" avaient eu lieu tout au long de la journée. La formulation, qui va être soumise au Conseil d'Etat en vue de l'examen du décret convoquant les électeurs "a un sens politique profond : elle permet à chacune des forces politiques de se positionner clairement", a fait valoir le 

chef du gouvernement, aux côtés des élus calédoniens et de la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

 

En choisissant les deux termes de "pleine souveraineté" et d'"indépendance" (conformément aux souhaits des indépendantistes du FLNKS, mais, aussi, à la droite loyaliste soucieuse d'intégrer le mot "indépendance"), Edouard Philippe a en effet tenté de concilier les positions, avant la visite d'Emmanuel Macron dans l'archipel français du Pacifique, attendue début mai.

En vidéo

Nouvelle-Calédonie : la société fait face à l'indépendance

Si la date du 4 novembre a été fixée par les élus du Congrès calédonien la semaine dernière, les différentes chapelles loyalistes se sont écharpées ces dernières semaines sur l'exposé des motifs de la délibération, qui replaçait le référendum dans l'histoire coloniale de la Nouvelle-Calédonie. Un désaccord qui a fait exploser en février un groupe de travail mis en place par Edouard Philippe pour "préparer l'après-référendum", baptisé "chemin de l'avenir" ou G10. Le Premier ministre doit réunir ce groupe ce mercredi après-midi pour proposer "de nouvelles modalités de fonctionnement", selon l'AFP.

La crainte de nouvelles violences. Plus qu'une indépendance jugée peu probable, c'est la perspective de frustrations et de désordre au sein de la communauté kanak, notamment parmi la jeunesse, qui suscite des inquiétudes, trente ans après les violents affrontements des années 80 qui puisaient leurs racines dans les conflits entre indépendantistes et loyalistes.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter