Onshiba, le nouveau venu nantais qui entend révolutionner le covoiturage

FRANCE
ENVIRONNEMENT – Depuis deux ou trois ans, les voyageurs se tournent de plus en plus vers les sites de covoiturage. Seul problème : avec le succès, les mastodontes ont eu tendance à augmenter les frais de commission. Nouveau venu, Onshiba.com entend faire la différence, en misant sur le tout gratuit.

Blabalacar et IDVroom n’ont qu’à bien se tenir. Car un nouveau venu débarque sur le marché du covoiturage. Et il est nantais. Onshiba.com entend en effet remettre à plat les règles de conduite. Il a été lancé cet été par qatre associés, après deux ans de travail. Qu’a-t-il de plus ? Il est entièrement gratuit. Petit comparatif.

Blablacar, le plus gros.
Avec ses 10 millions d'abonnés, Blablacar est le leader. Et offre, en conséquence, le plus grand choix de trajets et de conducteurs. "C’est ultra simple d’utilisation", indique Julien, un pratiquant régulier. Il émet tout de même une critique : les frais de commission, prélevés sur les tarifs fixés par les conducteurs, n’ont cessé d’augmenter, faisant grimper du même coup le prix global. Lui qui voyage régulièrement entre Nantes-Concarneau a vu la différence : "L’an dernier, je trouvais des trajets à 8 ou 9 euros. Aujourd’hui, c’est plutôt 14 euros."

Covoiturage-libre , l'associatif
Le site a été lancé il y a deux ans par Nicolas Raynaud, pratiquant régulier de covoiturage. Enervé, lui aussi, que les prix et commissions restent très chers. L’idée : faire ultra simple, pour rester gratuit. Ici, un statut d’association, pas de gestion de compte, pas d’avis sur les utilisateurs, pas de photos, pas de réservations en ligne, pas de SMS automatique. Covoiturage-libre entend se recentrer sur la base : une annonce, avec téléphone et email, et un moteur de recherche. Il revendique 5 000 personnes chaque jour. Le revers de la recette : pas de garantie, jusqu’au dernier moment. Caroline garde ainsi un souvenir cuisant de sa première expérience : "J’avais confirmé le rendez-vous la veille avec le conducteur. Mais au lieu et à l’heure du départ, il n’y avait personne." Du coup, elle a pris le train.Trois fois plus cher.

Onshiba.com , l’outsider à tester.
Les quatre associés à l’origine du site nantais veulent eux aussi revenir à l’esprit initial du covoiturage, basée sur le partage. "Le principe est super : économiser, être écologique, rencontrer des gens, partager des passions. Mais il a dévié", estime Nestor Yepmeni, un des gérant. En tant qu’utilisateur, il estime que les frais constituent aujourd’hui de "10 à 30% du prix du trajet" suivant les sites. "On n’a plus le choix : quelques mastodontes se partagent le marché." Onshiba fournit ainsi les mêmes services que Blablacar : mise en relation, notification par texto et email, paiement sécurisé en ligne, commentaires. Mais le tout est et restera entièrement gratuit, les fondateurs comptant avec le succès démarcher les publicitaires. Le site propose aussi d’enregistrer des évènements en ligne, pour inscrire les trajets qui y sont liés, dans toute l’Europe. Autre atout : les passagers peuvent aussi noter les conducteurs sur les trajets annulés. "Ce n’est pas possible sur les autres sites, ce qui fausse un peu la donne", explique Nestor. A tester !

IDVroom, la plateforme de la SNCF.
Lancé en octobre dernier, le site qui appartient à la SNCF affiche comme priorité la mise en relation de covoitureurs réguliers pour les trajets domicile-travail. L'idée est de "faire venir des nouveaux utilisateurs aux transports collectifs", indiquait à l’époque le PDG Guillaume Pepy, en rabattant ainsi les clients vers les gares. Point faible : moins de propositions pour les trajets longs.

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