Ouragan Irma : pourquoi 11.000 personnes n'ont pas voulu évacuer

France
TÉMOIGNAGE - L'ancien ministre des Outre-Mer, interrogé par LCI, a témoigné depuis la Guadeloupe de la situation dans les îles de Saint-Martin et de Saint-Barth après le passage de l'ouragan Irma. Il a notamment expliqué, selon lui, pourquoi une grande partie de la population n'a pas suivi l'ordre d'évacuation.

Irma a frappé. L'ouragan, classé en catégorie 5, la plus puissante, s'en est pris aux petites îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, dans les Antilles, laissant derrière lui son lot de ravages et de cataclysmes. Une situation catastrophique dont a témoigné Victorin Lurel, ancien ministre des Outre-Mer de François Hollande sur LCI, jeudi 7 septembre : "C'est un cyclone apocalyptique, c'est cataclysmique à Saint-Martin, une île de 90 km² dont 56 pour la partie française. Une partie s'appelle Sandy Ground, faite de sable, donc inondable.

La méfiance des habitants, après Hugo

L'ancien député de Saint-Martin ne se montre guère optimiste sur la suite des événements et craint un bilan humain des plus dramatiques, bien plus élevé que les six morts annoncé pour l'instant : "On ne peut pas y accéder, on ne sait pas quelle catastrophe humaine nous attend. Le bilan est à mon avis très, très provisoire et on peut trouver une catastrophe. 11.000 personnes ont refusé d'évacuer, c'est à peu près un tiers de la population de l'île."


Et Victorin Lurel de convoquer, pour expliquer ce refus de quitter leurs habitations, le souvenir de l'ouragan Hugo, en 1989, de catégorie 5, qui avait fait causé la mort de plus de 100 personnes : "L'ancien maire avait passé le bulldozer après. Ce sont souvent des immigrés, en situation précaire, et ils ont refusé de partir, forts de ce précédent-là." 


Une autre explication pourrait être la crainte de se faire voler leurs biens. Des scènes de pillage ont été rapportées par plusieurs journalistes présents sur place. Contacté par téléphone, Rinsy Xieng, journaliste pour Radio Caraïbes International (RCI), a notamment raconté que des individus ont dérobé des télévisions et des consoles de jeux vidéo.

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Irma : des scènes de pillage à Saint-Martin

"Il y a un black-out total !"

L'ancien ministre a également fait un point sur l'état des réseaux, notamment téléphoniques, déplorant, là aussi, une situation inquiétante : "Ce qui nous paraît curieux, en 2017,  qu'on ne puisse pas téléphoner par réseau satellitaire, c'est étonnant. [...] Il y a un black-out total !"


"Pour le moment, l'arrivée des secours est laborieuse. On n'a pas pu avancer ni accoster. On verra si, avec l'arrivée de la ministre [Girardin, ndlr], on pourra arriver par la mer. Mais l'aéroport international de Juliana [dans la partie néerlandaise, ndlr] est totalement détruit, celui de la partie française n'est pas encore accessible. Et celui de Saint-Barth, malgré une très bonne construction, avec de la roche volcanique, c'est une catastrophe. L'aéroport est recouvert de sable, et avec les vents forts, on ne peut pas y accéder."

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