Pays de la Loire et Bretagne : le statu-quo qui ne contente personne

Pays de la Loire et Bretagne : le statu-quo qui ne contente personne

REGIONS – Le président François Hollande a finalement décidé de ne rien changer : Bretagne et Pays de la Loire conservent leurs frontières, dans la nouvelle carte des régions.

"Tout ça pour ça." C’est le sentiment qui prévaut, chez les élus locaux, après l’officialisation de la nouvelle carte des régions , lundi soir. La réforme dessinée par François Hollande ne touche pas le grand Ouest : les Pays de la Loire et la Bretagne restent inchangées.

Jacques Auxiette, le président des Pays de la Loire, qui a défendu jusqu’au bout une fusion avec la Bretagne, s'est félicité "que l’unité de sa région ait été préservée. C’est finalement une solution raisonnable qui est retenue car elle préserve intacte toutes les possibilités de coopérations avec les régions voisines", indique-t-il. Et d'insister : "avec 3,6 millions d’habitants, les Pays de la Loire restent capables de rivaliser économiquement à l’échelle européenne."

Le pire évité ?

Du côté des élus locaux, c'est un vrai soulagement. Le pire a été évité à leurs yeux, à savoir une  fusion avec le Poitou . Car toute la journée de lundi, les rumeurs n'ont pas cessé, trahissant les hésitations de l’exécutif, qui balançait entre plusieurs options  : celle du ministre Jean-Yves Le Drian, défenseur d’une Bretagne à 4 départements, de Ségolène Royal et ses velléités de rapprochement Poitou-Pays de la Loire, ou les partisans de la fusion avec la Bretagne. En milieu d’après-midi, coup de théâtre, François Hollande a annoncé par téléphone à Jacques Auxiette qu'il penchait pour un rapprochement des Pays de la Loire et de Poitou-Charente.

La fronde a été immédiate. "Pour l'Ouest, l'intérêt des populations est la fusion Pays de la Loire-Bretagne", a indiqué sur Twitter l’ancien Premier ministre et député de Loire-Atlantique Jean-Marc Ayrault. Johanna Rolland, la maire de Nantes, a elle appelé à "la mobilisation pour l’avenir de nos territoires." 

"Nous allons demeurer des nains politiques"

Finalement, face à la grogne, l'Elysée a préféré le statu quo. Une décision finale qui laisse cependant un arrière-goût d’inachevé. Jean-Philippe Magnen, vice-président EE-LV au conseil régional indique : "Tout ça pour ça ! Les conservateurs ont gagné sur les réformistes." "Si on nous avait dit qu'on nous sortirait une carte pareille, même dans nos pires cauchemars, on n'y aurait pas pensé", lance de son côté le député écologiste de Loire-Atlantique, François de Rugy. François Pinte, président de l’UMP de Loire-Atlantique évoque lui le "rendez-vous raté d'une grande Région Bretagne-Pays de la Loire".

Quant aux partisans d’une Bretagne réunifiée, ils disent leur colère devant cette "non-réforme", "dans la région où les attentes concernant la décentralisation et la réforme territoriale étaient les plus intenses !" Christian Troadec, leader des Bonnets rouge, dénonce les conséquences futures : "Nous allons demeurer des nains politiques alors même qu'à cinq départements, nous aurions pesé plus de 4,5 millions d'habitants et pu dialoguer avec d'autres Etats ou pays européens. Notre capacité de développement économique se serait vu décupler. Nos emplois et notre niveau de vie aussi". Ils ont appelé à des mobilisations ce mardi soir dans les métropoles de l’Ouest.

Arnauld Leclerc, professeur de science politique à l'Université de Nantes, analyse : François Hollande "n'a pas voulu ouvrir un nouveau front à l'Ouest. Ce faisant, il a généré des frustrations gigantesques : tout le monde n'était pas d'accord sur le visage de la réforme territoriale dans l'Ouest mais personne n'a proposé le maintien purement en l'état" des régions existantes.
 

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