Pénurie de Charlie Hebdo en vue dans les kiosques à journaux

FRANCE

HOMMAGE – Tiré mercredi à 3 millions d’exemplaires, l’hebdomadaire Charlie Hebdo ne pourra sans doute pas être livré à temps chez les kiosquiers de Marseille qui s’attendent à un rush de lecteurs.

Sur le kiosque à journaux de Laurent dans le quartier de Notre-Dame-du-Mont, à Marseille, l’affiche est déjà prête. "Plus de Charlie", a-t-il par avance écrit en prévision du rush des demandes de lecteurs pour l’hebdomadaire une semaine après l’attentat dans le journal satirique.

"C’est bien simple, d’habitude j’en vends une douzaine, là j’ai déjà près de 250 commandes de personnes qui veulent l’acheter. Mais je ne m’attends pas à en avoir plus de 30", souligne le kiosquier.

Même topo chez cet autre Laurent, kiosquier, dans le quartier d’Estrangin qui n’en vendait que 5 d’habitude. "Moi j’ai déjà eu 200 commandes, mais je n’en aurais pas autant mercredi indique-t-il. Une personne qui travaille à la Caisse d’Epargne à côté m’en a même déjà réservé 20 pour lui et ses collègues".

Une vente sur plusieurs jours

Des commandes en prévision du rush des achats de Charlie Hebdo, tiré pour l’occasion à 3 millions d’exemplaires . Problème à Marseille, tout le monde ne pourra pas être servi le jour J. "Ça devrait s’écouler dans les jours qui suivent, prévient Laurent de Notre-Dame-du-Mont. D’habitude, ils en tirent 50 000, comment voulez-vous qu’ils en impriment autant en si peu de temps ?".

Conseil de Laurent d’Estrangin : "attendez un peu avant de l’acheter. La Société d’Agences et de Diffusion des Aygalades qui nous livrent devrait nous approvisionner dans les prochains jours". Contactée par téléphone, nous n’avons pas encore pu les joindre pour nous confirmer l’information.

Un geste citoyen avant tout

Un brin résigné, José, lui, attendra son Charlie Hebdo qu’il a réservé dans une presse du quartier des Camoins. "Faut être honnête, avant tout le monde s’en foutait, mais là c’est plus un geste de citoyen que de lecteur", affirme le retraité.

Une remarque qui fait bondir Laurent de Notre-Dame-du-Mont. "Avant Charb tapait à la porte de tout le monde pour sauver son journal. Maintenant, il va devenir l’hebdomadaire le plus riche de France", souffle-t-il. "C’est dommage d’en arriver là, rebondit son confrère, car la presse a besoin d’être soutenue même sans un drame".
 

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