Perturbateurs endocriniens : le gouvernement publie la liste des pesticides susceptibles d'en contenir

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ENVIRONNEMENT - Le gouvernement a rendu public, le 13 juillet, le nom de centaines de pesticides et d'un millier de biocides présents sur le marché français et susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens. Une mesure jugée insuffisante par certaines ONG.

Le gouvernement s'y était engagé au nom de l'information du public. Les ministères de l'Ecologie et de l’Agriculture ont mis en ligne, jeudi 13 juillet, sur leurs sites respectifs, une liste contenant les noms d'environ un millier de biocides (insecticides pour la maison, produits de protection du bois ou pour l'hygiène vétérinaire), et près de 600 phytosanitaires (fongicides, herbicides, insecticides) susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens. Ces substances chimiques, présentes dans les pesticides mais aussi dans de nombreux autres produits (cosmétiques, peintures, médicaments, plastiques etc), sont suspectées de dérègler le fonctionnement hormonal, nuisant à la santé et à la reproduction, y compris à de faibles niveaux d'exposition.

Cette mesure fait suite à l’adoption, le 4 juillet, par les Etats membres de l’UE, des critères de définition des perturbateurs endocriniens utilisés dans les pesticides. Ce jour-là, après un an de bataille acharnée, la France, qui s’y était jusque-là opposée aux côtés du Danemark et de la Suède, avait finalement accepté la définition proposée par la Commission. Un texte salué comme une avancée par le ministre Nicolas Hulot, car devant permettre l'interdiction de certaines substances, mais critiqué par les ONG, pour lesquelles il manque d'ambition.

Une liste provisoire

"On a gagné une bataille mais pas la guerre" contre les perturbateurs endocriniens, avait commenté Nicolas Hulot, promettant une série de mesures au niveau national. Parmi ces promesses, la publication "des produits phytopharmaceutiques et biocides mis sur le marché français qui contiennent au moins une des substances identifiées par la Commission européenne comme perturbateur endocrinien, afin que les citoyens, agriculteurs et professionnels puissent, en l'attente de l'entrée en vigueur concrète de l'exclusion européenne, orienter leurs choix d'achats". Attention tout de même, cette liste est provisoire, se basant sur d'anciens critères fixés par la Commission, met en garde le gouvernement.

L'ONG Générations futures s'est félicité "que le gouvernement ait tenu sa promesse" de publication, mais "met en garde sur l'intérêt de cette liste". "Cela montre qu'il y a une longue liste de produits commerciaux" concernés, dit son directeur François Veillerette. "Mais l'on ne peut dire si elle est suffisamment indicative, car elle ne précise pas quelles matières actives elle inclut". Selon l'ONG, 400 à 500 matières actives composent les pesticides d'aujourd'hui, et il faudrait en retirer une quarantaine du marché.


"Cette liste est trop restreinte", juge, de son côté, Charlotte Lepître, de France Nature Environnement, qui appelle la France à "aller plus loin".  Au niveau européen, la prochaine étape consiste désormais à concrétiser les nouveaux critères de définition des perturbateurs endocriniens : quelle substance interdire ou restreindre, et pour cela quel niveau de preuve de nocivité imposer.  Parallèlement, les ONG espèrent aussi que le Parlement européen rejettera les critères adoptés le 4 juillet, qui incluent des dérogations inacceptables à leurs yeux. Une pétition lancée par Générations futures a déjà recueilli 10.800 signatures.

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