Petits commerces lillois cherchent repreneurs désespérément

Petits commerces lillois cherchent repreneurs désespérément

France
DirectLCI
COMMERCE – Avec la flambée des loyers et la crise économique, les commerces indépendants ont du mal à retrouver des repreneurs. Résultat, de nombreux locaux restent vides. La ville de Lille va tenter d'utiliser des leviers juridiques pour faire baisser la spéculation immobilières, notamment des banques.

Vous l'avez peut-être remarqué en vous baladant dans le centre-ville de Lille. De plus en plus de petits commerces restent fermée, y compris dans les artères prestigieuses du Vieux-Lille (rues de la Monnaie, Basse, Masurel, Lepelletier...).

La raison ? "Les loyers ont fortement augmenté ces dernières années, au point de faire figurer Lille dans le top 3 français, indique Axel Herbez, agent immobilier chez Arthur Loyd. Avec la crise, les commerçants indépendants ne peuvent plus suivre. Ils essaient donc de vendre en tentant de récupérer leurs investissements avec des droits au bail élevés, ce qui ralentit encore plus les transactions. Sans parler, des banques qui prêtent difficilement."

Martine Aubry monte au créneau

Dans le Vieux-Lille, il n'est pas rare pour les commerçants de voir leur loyer passer lors du renouvellement du bail de 1 800 à 3 800 euros mensuels. Avec parfois un dangereux risque de cercle vicieux pour certaines rues, comme la rue Nationale ou celle de la Clé. "Certains secteurs mettent du temps pour se trouver une identité. Cela demande des ajustements. Mais, je ne suis pas inquiet pour le long terme", rassure Axel Herbez.

D'autant que Martine Aubry, maire de Lille, compte bien faire usage des nouveaux leviers juridiques, comme la future loi Pinel, qui pourrait limiter l'évolution annuelle des loyers commerciaux à 10%. "Ces commerces vacants, qui ont pour origine les loyers et le pouvoir d'achat, nous préoccupent, indique à metronews Martine Aubry. Grâce à un travail avec les commercialisateurs, nous avons pu débloquer la situation rue Nationale. Des commerces vont bientôt arriver."

Un amendement anti-spéculation

A terme, la ville de Lille compte déposer un amendement en préfecture, afin de délimiter des "périmètres commerciaux", au sein desquels il sera possible de s'opposer à l'installation d'activités spéculatives. "Les banques ou les assurances gardent du foncier pour faire de la spéculation, dénonce la maire de Lille. Ce sont elles qui maintiennent les tarifs élevés. On ne peut pas passer notre temps à préempter. Si cela est acté, nous aurons le pouvoir de dire non."

 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter