Pierre Lasry, père d'élève d'Ozar Hatorah : "l'affaire Merah nous a fragilisés"

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CHARLIE HEBDO – Pour Pierre Lasry, l'ancien responsable des parents d'élèves dans l'école Ozar Hatorah visée par Mohamed Merah à Toulouse, les attentats de la semaine dernière à Paris ont fait remonter de douloureux souvenirs.

"Il y a dix morts à Charlie Hebdo". Une semaine après,  Pierre Lasry revit la scène une semaine après comme s'il y était encore.  "Je déjeunais place Saint-Pierre à Toulouse avec ma collaboratrice quand elle m'a annoncé la nouvelle. A ce moment-là j'ai eu des frissons d'horreur. J'ai été envahi par un profond sentiment de colère. C'était un mélange de déception, de dégoût et de rage. C'est la première fois que je ressentais une telle sensation", relate-t-il. Pierre Lasry a déjà fait face à un terroriste. Il était responsable des parents d'élèves de l'école Ozar Hatorah, en mars 2012, quand Mohamed Merah a abattu quatre personnes, devant l'établissement.

"Le traumatisme de l'affaire Merah est toujours enfoui en nous"

Comme lui, les personnes qui ont vécu de près les tueries de Montauban et Toulouse ont l'impression de revivre un "mauvais film". "Je me suis aperçu à quel point ces événements nous ont rendus fragiles et hypersensibles. Le traumatisme est toujours là, enfoui en nous. Nous sommes encore marqués par rapport ce que nous avons vécu il y a deux ans".

Aujourd'hui à la tête d'une agence de publicité, ce père de quatre enfants reste vigilant. "Je m'inquiète pour ma fille de 17 ans (elle était présente à l'école juive au moment de la tuerie, ndlr). C'est un âge difficile où on se construit, aucun parent n'a envie que son enfant vive des moments pareils".

Le rassemblement populaire, un moment fort

Depuis le drame de Charlie Hebdo, il affirme ne pas avoir changé ses habitudes, "les enfants sont juste plus prudents", il a trouvé des éléments de réconfort dans la mobilisation citoyenne qui a rassemblé samedi et dimanche 4 millions de personnes dans la rue, dont 120 000 à Toulouse.

"Même mon voisin de 85 ans y était, s'enthousiasme Pierre Lasry. Le sentiment qui en ressortait ressemblait à "On ne bouge pas et on ne courbe pas l'échine". C'était tellement fort. Maintenant je me demande quelle va être la réaction populaire au prochain attentat ? On dit qu'il y a un avant et un après: mais on a dit la même chose après Merah, après Charlie Hebdo et après la prise d'otages de la porte de Vincennes".

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