Poignardé pour avoir protégé une jeune fille : le jeune Tunisien va être décoré

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FAIT DIVERS – Un jeune Tunisien vient d'être décoré de la médaille de la Ville de Marseille pour son courage. Le 22 mai dernier, en portant secours à une jeune femme agressée par deux hommes, il avait été lardé le plusieurs coups de couteau. Deux semaines après, il se remet lentement de ses graves blessures.

Il porte encore les stigmates de son agression à coups de couteau. Lamjed descend lentement les escaliers de la mairie des VIe/VIIIe arrondissements, aidé d’une béquille. Le jeune homme s’apprête à recevoir la médaille de la ville pour son acte de courage. Il y a deux semaines, il a bien failli perdre la vie en portant secours à une jeune femme agressée par deux hommes.

S’en était suivie une violente bagarre au cours de laquelle Lamjed recevait plusieurs coups de couteau. La lame s’enfoncera notamment dans son mollet mais surtout dans un de ses poumons, passant tout près du cœur. Hospitalisé, inconscient et dans un état grave, le voilà aujourd’hui sorti d’affaire.

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"Aurais-je fait pareil à sa place ?"

Encore fragilisé mais souriant, le voilà dans la salle des mariages, entouré du maire de secteur Yves Moraine, venu le décorer : "On voit trop de gens tourner le regard, mais lui s’est opposé à l’injustice. Aurais-je fait pareil à sa place ? J’aimerais à le croire… ", déclare-t-il.

Grand, svelte, souriant, "Lamjed a pourtant pris un coup au moral", témoigne son cousin, qui lui conseille de tourner la page : "Le meilleur est à venir", lui promet-il. Lamjed, après la courte cérémonie, prend une pause sur une chaise."Cette médaille représente mon courage, ma fierté ; ce sont les valeurs de la France", confie le jeune homme.

"J’ai parfois l’impression qu’ils sont derrière moi"

Le convalescent se remet doucement. "J’essaie de passer à autre chose. Mes blessures me font toujours souffrir, surtout celles au torse et au mollet", constate-t-il. Impossible aussi d’oublier la violence de ses agresseurs : "La scène me revient devant les yeux tous les soirs, parce que j’ai quand même failli perdre la vie", poursuit Lamjed. Le spectre des malfaiteurs est toujours là : "J’ai parfois l’impression qu’ils sont derrière moi".

Il aurait pu perdre la vie ce jour-là à proximité du métro du rond-point du Prado. Beaucoup ont regardé, simples spectateurs, mais personne n’est intervenu. Pourtant, il n’en garde aucune rancœur : "Ce ne sont pas les gens qui manquent de courage, ils n’ont juste pas compris que l’union fait la force. Si deux personnes seulement s’en étaient mêlées, tout se serait terminé très vite » déplore le jeune homme décoré, seul, pour son courage.

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