Pourquoi certains sont-ils assaillis par le blues du dimanche soir ?

Pourquoi certains sont-ils assaillis par le blues du dimanche soir ?

PSYCHO – Metronews fait le tour de tous ces comportements qui vous tapent sur le système chez les autres... mais aussi chez vous. Appelés à la rescousse, des experts vous expliquent le comment du pourquoi. Enfants, vie quotidienne ou en voiture, tout y passe.

Quel que soit ce que vous fabriquez pendant vos week-ends, une fête orgiaque, boire pendant 48 heures, coller les enfants chez belle-maman ou dévorer un polar suédois, arrive toujours, le dimanche en fin de journée, cette petite angoisse de devoir y retourner. Petit, déjà, elle vous vrillait le ventre à l’idée de reprendre le chemin de l’école. Des années plus tard, elle vous gâche toujours un peu le plaisir.

Silvia André  est psychologue clinicienne, spécialisée en thérapies cognitives et comportementales, et auteure de J’arrête de stresser, 21 jours pour arrêter de stresser, édition  Eyrolles , décrypte en trois points ces pénibles moments de solitude.

Ce que l’on ressent
"De nombreuses études estiment qu’entre 50% et 80% de la population française est concernée par le syndrome du dimanche soir, état d’anxiété dû à la fin du week-end. Il s’explique par le grand décalage existant entre le week-end, espace de liberté, moins sujet aux contraintes et la semaine. Le contraste est niché là. Entre le vendredi soir et le dimanche début d’après-midi, psychologiquement tout est possible. En revanche, dès qu’arrive dimanche 16 heures, un truc se passe. Soudain dimanche 16 heures, c’est en fait déjà lundi matin. Parce qu’arrivent dans le même temps les prémices de la semaine avec son lot d’obligations : se remettre en selle, organiser le planning de des choses à faire, préparer ses affaires etc.", analyse Silvia André.

Moi, le stress, c’est non merci. Pas comme Jules, qui a l’art de virer au désagréable, façon Gremlins, quand arrive la fin du week-end. J’ai tout essayé le sport, l’alcool… rien n’y fait.

► Ce qui se passe
"A ce moment du week-end, on est déjà dans le devoir, dans ce qu’il faut faire. Commence alors la spirale d’agitation. Les personnes interrogées sur le sujet rapportent très souvent, avoir le sentiment de ne pas avoir su profiter de ces deux jours de liberté. Elles n’ont qu’une hâte, celle d’être à nouveau à vendredi soir. Réveils répétés la nuit, inquiétude, nervosité et sentiment de léthargie ponctuent fréquemment les dernières heures de la fin de semaine. Nombreux aussi sont ceux qui reculent l’heure du coucher pour en profiter jusqu’au bout. Cet état peut altérer toutes les activités entreprises aussi agréables soient-elles. Il agit tel un warning qui ne cesserait de clignoter, rappelant la fin de la période de liberté. On est présent, mais pas tout à fait là", explique la psychologue.

Quand ton super week-end finit en eau de boudin… Parce que tout d’un coup, tout le monde est sur les nerfs à l’idée de retourner bosser dans quelques heures. Et c’est comme ça toutes les semaines !

► Comment s’en sortir
"Avant même de quitter son lieu de travail, on prépare sa to do list et ses dossiers afin que le retour au bureau soit un peu plus serein. Et une fois en week-end, s'efforcer de ne pas concentrer les obligations pour le dimanche soir. L’idéal serait de les diluer sur les deux jours ou de les instaurer là où l'on a le plus d’énergie, le samedi matin. Pour rester léger 48 heures, il faut se mettre en condition. Bien que cela paraisse artificiel dans un premier temps, organiser ses dernières heures de temps libre est important. L’objectif est de retarder le moment où l’on est aspiré par des pensées liées aux obligations, le fameux 'Je dois, il faut'. L’instauration d’activités plaisantes tels qu’un dîner pizza, une soirée film permettent de ritualiser et d’associer fin de week-end et plaisir. Cela fonctionne d’autant plus que les activités choisies ont du sens. Enfin et surtout, s’entraîner à vivre l’instant présent, sous peine de ne plus être capable de savourer les moments agréables que l’on vit sous prétexte de n’avoir en tête que le retour au travail, pourrait être la première chose à mettre en place", conclut l’auteure de J’arrête de stresser.

Bon s’il n’y a que ça pour sauver mes fins de dimanche, je vais lui en trouver moi des activités qui ont du sens, à Jules.

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