Pourquoi l’armateur MSC a choisi les chantiers STX de Saint-Nazaire

Pourquoi l’armateur MSC a choisi les chantiers STX de Saint-Nazaire

DirectLCI
INDUSTRIE – Après les commandes Oasis et Britanny Ferries, puis l’annonce de la SNCM de la commande de quatre ferries mardi, l’armateur italo-suisse MSC Croisières a choisi STX pour construire deux paquebots géants.

La semaine est faste, pour STX à Saint-Nazaire. L' armateur italo-suisse MSC Croisières a en effet annoncé ce mercredi avoir choisi le chantier naval pour construire ses deux prochains paquebots. Soit un investissement d'1,5 milliard d'euros, avec une option pour deux paquebots supplémentaires ce qui porterait la somme à 3 milliards.

La lettre d'intention de commande a été signée jeudi à Paris, en présence de Pierre Moscovici, par les entreprises partenaires. Pour les chantiers français, c'est une bouffée d'air cruciale. "Les deux paquebots vont représenter 16 millions d'heures de travail", réparties sur plus de cinq ans, et "donnent une sécurité à 2 000 employés pour plusieurs années", a indiqué Erminio Eschena, directeur général de MSC Croisières.

Les paquebots "les plus grands construits par un armateur européen"

Le début de construction est prévu à l'automne 2015. Le premier doit être livré en 2017, le second en 2019. "Ces bateaux d'une nouvelle génération figureront parmi les plus grands du monde en termes de capacité. Ce sera même les plus grands jamais construits par un armateur européen", indique Erminio Eschena. Chaque bâtiment aura une longueur maximale de 315 mètres pour 43 mètres de large et pourra accueillir 5 700 passagers et 1 700 membres d'équipage.

Cette commande est la plus importante de l'histoire de MSC Croisières, mais est loin d’être une première : l'ensemble de la flotte de l’armateur est issu de Saint-Nazaire. Depuis 2003, les 10 navires qu’a commandés MSC Croisières aux chantiers ont en effet représenté un investissement de 6,5 milliards d'euros. Mais le contrat pour ces deux paquebots géants a pourtant nécessité plusieurs mois de négociations difficiles tant sur le prix que sur le financement. STX France, détenu à 66,6% par STX Europe et à 33,3% par l'Etat français, était en concurrence avec les chantiers italiens Fincantieri et allemand Meyer Werft.

Des négociations longues et difficiles

Et même si l’histoire de MSC est liée à celle de STX, ce contrat majeur était en effet en bonne partie suspendu à la signature d'un accord de compétitivité aux chantiers STX France, entériné fin janvier après un bras de fer avec certains syndicats dont la CGT. La direction des chantiers avait fait valoir que, faute d'un tel accord, le conseil d'administration de l'entreprise ne donnerait pas son feu vert à de nouvelles commandes au prix réclamé par le client. Cet accord implique des "efforts équitablement répartis et qui ne sont pas irréversibles", a estimé François Janvier, responsable de la section CFE-CGC chez STX Europe. "On ne remet pas en cause le statut social et on reste au-dessus de la convention collective".

Pour Erminio Eschena, l'Etat français "a remarquablement joué son rôle, en accompagnant à la fois la réflexion de Saint-Nazaire sur l'accord de compétitivité, et le montage de la structure financière".
"Depuis deux ans nous avons modifié notre système de financements à l'export : c'est ce qui a peut-être aidé à faire la différence", a reconnu Pierre Moscovici. Sans ces interventions qui "ont permis de rassurer notre client" "il n'est pas certain que nous serions là aujourd'hui", a dit Laurent Castaing, directeur général de STX France. Pour la Région, cet accord est également dû à la "stratégie collective de diversification et de différenciation engagée depuis plusieurs années" par STX.
 

Plus d'articles

Lire et commenter