Pourquoi les abeilles de la plaine de la Crau tombent-elles comme des mouches ?

Pourquoi les abeilles de la plaine de la Crau tombent-elles comme des mouches ?

DirectLCI
ENVIRONNEMENT – Les apiculteurs de la plaine de la Crau, entre Miramas et Salon-de-Provence, doivent faire face à une perte spectaculaire de leur cheptel cette saison. Ils demandent des mesures pour protéger leurs ruchers.

Il y a de quoi avoir le bourdon. Apiculteur depuis 2001 à Grans, entre Salon et Miramas, Silvère Bru doit faire face à une véritable hécatombe. "Du jamais vu !" assure-t-il. Venu contrôler ses ruchers en février dernier, il tombe des nues. "Les abeilles avaient tout bonnement disparu, elles s'étaient évaporées", raconte-t-il. "D’habitude, quand une abeille meurt, on la retrouve près du rucher. Mais pas là". Pour Silvère, ce sont ainsi plus d’un million d’abeilles, réparties dans 240 ruches, qui auraient disparu.

Sous le choc, il met d'abord ça sur le compte d'une erreur de sa part. Mais d’autres apiculteurs du secteur sont concernés. Selon les premières estimations, les professionnels de la plaine de la Crau auraient subi cette année une mortalité de 78 % des abeilles, contre 10 à 15 % en temps normal. Plongés dans un essaim d’incertitudes, Silvère Bru et ses collègues ne sont sûrs que d’une chose : le coupable n'est pas très loin.

"Un effet cocktail"

Dans la plaine de la Crau, les apiculteurs doivent composer avec les traitements phytosanitaires dans les vergers aux alentours. En principe, ces traitements ne sont pas létaux pour les abeilles. "Je ne veux accuser personne, mais je redoute l’effet cocktail", souligne Silvère Bru. Selon lui et les autres apiculteurs, en butinant le pollen en différents endroits, les abeilles ingèrent des produits néfastes pour leurs organismes.

Des analyses ont été menées par l’association pour le développement de l’apiculture provençale ( ADAPI ) sur le pain d’abeilles à l’intérieur des ruches de la plaine de la Crau. En attendant de connaître avec précision les résultats, les apiculteurs demandent un réexamen des produits phytosanitaires et une aide pour améliorer la recherche. Une délégation a été reçue en préfecture des Bouches-du-Rhône. Mais le temps presse pour la survie des apiculteurs. D’autant que les disparitions d’abeilles ne sont pas prises en charge par les assureurs.
 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter