Prison avec sursis pour le médecin accusé de prescrire trop de morphine

Prison avec sursis pour le médecin accusé de prescrire trop de morphine

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JUSTICE – Un médecin de la banlieue nantaise comparaissait hier à Nantes pour avoir délivrer des doses importantes de morphines à des toxicomanes, entre 2008 et 2011.

Il avait la main trop lourde sur la morphine qu'il prescrivait à ses clients. Hier, le tribunal de Nantes a condamné un médecin à 6 mois de prison avec sursis pour "incitation à la prise de stupéfiants".

Le praticien, qui exerçait en banlieue de Nantes, était en effet accusé d’avoir délivré d’importantes quantités de Skenan. Ce dérivé de la morphine est utilisé pour soulager les grandes douleurs, et est parfois utilisé par les toxicomanes comme substitut. A l’audience, le médecin, retraité aujourd’hui, a décrit "une sorte de spirale", selon Ouest-France, qui rapporte les faits . Il a accueilli au départ trois patients, autorisé à prendre du Skenan dans le cadre d'un protocole validé par la Sécurité sociale. Une autorisation valable pendant 6 mois, en diminuant progressivement.

"Je leur évitais de retomber dans des trafics"

Mais au final, les doses prescrites n’ont pas baissé. Et surtout, d’autres patients sont arrivés, à qui il a aussi prescrit ce dérivé, sans cependant indiquer la mention non remboursable sur l’ordonnance, comme l’y oblige pourtant la Caisse primaire d’assurance maladie. Il reconnaît son erreur : "J'étais face à des gens qui n'avaient pas de quoi manger", se justifie-t-il dans Ouest-France. "Je me disais que je leur évitais de retomber dans les trafics."

De plus en plus, les patients sont venus le voir, via le bouche-à-oreille. L'avocat de la Caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM) fait remarquer, lui, qu’"en 2008, il a prescrit davantage de boîtes que tout le service addictologie du CHU de Nantes !" "Les faits ont duré jusqu'à ce que des ordonnances, volées dans son cabinet par un toxicomane, alertent des pharmaciens", précise Ouest-France.

Le médecin n’a pas été le seul à être condamné : la gérante d'une pharmacie du centre-ville, qui avait délivré le produit en grandes quantités, a écopé d’une amende de 5 000 € avec sursis et doit verser 1 000 euros de dommages et intérêts à l'ordre des pharmaciens.
 

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