Prison ferme pour le père des "reclus de Saint-Nazaire"

Prison ferme pour le père des "reclus de Saint-Nazaire"

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JUSTICE - Le père des "reclus de Saint-Nazaire" a été condamné mardi à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de la ville, pour "privation de soins" et "abandon moral et matériel" de quatre de ses cinq enfants.

Lui qui rêvait de vivre enfermé, le voilà servi. Le père des "reclus de Saint-Nazaire" a été condamné mardi à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de la ville, pour "privation de soins" et "abandon moral et matériel" de quatre de ses cinq enfants . Dominique Barreteau, 53 ans, a également été condamné pour des "agressions sexuelles" sur deux de ses filles : il introduisait ses doigts dans leurs vagins quand il leur passait de la pommade "contre les mycoses"... Même quand elles n’en avaient pas.

Son épouse Christine, âgée de 49 ans, a elle écopé de trois ans de prison avec sursis pour s’être soustraite à ses obligations parentales. Le tribunal les a également astreints à une obligation de soins, et leur a retiré leur autorité parentale.

Une réalité au-delà de l’imaginable

L’examen du fond du dossier a laissé transparaître une réalité au-delà de ce qui avait été imaginé jusqu’alors. Les pompiers – intervenus le 5 janvier 2013 pour un "malaise" de la mère, "arrivée au bout du supportable", à la suite de  l’appel de l’une de ses filles – ont en effet découvert "un sol recouvert de détritus" et d’excréments en décomposition, avec des sacs poubelles sur les aliments du frigo ou les fuites d’eau le long des radiateurs… La "présence de mouches" et "l’odeur pestilentielle" ont aussi "choqué". La famille se lavait par ailleurs à l’eau froide dans la cuisine, l’accès à la salle de bains étant obstrué... Des verrous empêchaient également l’ouverture des fenêtres.

Enfermés trois ans, et pas seulement un

La durée d’enfermement des enfants – complètement dénutris – a également été supérieure à ce que croyaient les voisins : ils l’ont été contre leur gré depuis trois ans, et non un… Au final, seul leur père sortait le jour pour faire les courses, et la nuit pour sortir les poubelles. De ses cinq enfants, seule sa fille aînée lui "résistait" et vivait à l’extérieur du domicile familial. Les policiers n’ont également retrouvé aucune trace des prétendus "cours par correspondance" auxquels sa femme disait avoir inscrit leurs deux plus jeunes enfants autistes. Âgés aujourd’hui de 16 et 18 ans, ces derniers ont fait des "progrès spectaculaires" depuis leur placement par les services sociaux.

"Peut-être la voisine qui passait la serpillère trop souvent"

A l’audience, le couple – qui a rejeté à plusieurs reprises les sollicitations des services sociaux – est dans "la négation totale des éléments objectifs du dossier", s’exaspère la présidente du tribunal. "J’ai repeint plusieurs fois l’appartement, mais ça revenait à chaque fois par le plafond", se contente ainsi de dire le père pour expliquer les moisissures persistantes. "Peut-être que c’est la voisine qui passait la serpillère trop souvent." Les psychiatres ont détecté chez lui et sa femme une certain "psychorigidité", avec des "traits paranoïaques". Toute la famille avait été hospitalisée d’office après la révélation des faits.

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