Procès à Marseille : faux billets de musée, vrai détournement

Procès à Marseille : faux billets de musée, vrai détournement

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JUSTICE - Le tribunal correctionnel de Marseille juge lundi et mardi, huit personnes soupçonnées d'avoir organisé ou participé à un système de double billetterie en 2008 et 2009 dans plusieurs musées municipaux de la ville.

De faux billets mais une vraie arnaque. Le tribunal correctionnel de Marseille juge lundi et mardi, huit personnes soupçonnées d'avoir organisé ou participé à un système de double billetterie en 2008 et 2009 dans plusieurs musées municipaux de la ville.

La justice reproche à six caissières, un caissier et au chef du personnel des musées à l'époque, d'avoir détourné dans un système "bien rodé" une partie de la recette d'expositions temporaires (préjudice estimé à 342 000 euros, ndlr), en vendant au plein tarif des billets édités comme gratuits ou en revendant des tickets pour la location d'audio-guides déjà utilisés.

L’alerte donnée lors d’une exposition privée

Des dysfonctionnements avaient été mis au jour à la faveur de l'exposition "De la scène au tableau", ouverte du 6 octobre 2009 au 3 janvier 2010 au musée Cantini, au cours de laquelle un pastel d 'Edgar Degas, prêté par le musée d'Orsay, avait par ailleurs disparu .

Le trésorier-payeur général des Alpes-Maritimes, venu visiter l'exposition à titre privé, s'était vu remettre à l'entrée des billets estampillés "gratuit" et avait alerté son homologue des Bouches-du-Rhône, déclenchant l'enquête après une plainte de la mairie, qui est partie civile.

Des faits remontants à 2000

Outre cette exposition, les enquêteurs ont pu déterminer des charges suffisantes pour au moins une autre, celle consacrée à Van Gogh de fin 2008 à fin 2009 au musée de la Vieille Charité.

Certains témoignages font même remonter le système de double billetterie à 2005, voire 2000, même si le tribunal ne juge que les faits de 2008 et 2009. Durant "De la scène au tableau", le taux de billets gratuits atteignait ainsi presque 50%, contre 35% au niveau national pour de telles expositions.

La pression du chef présumé

Principal mis en cause: William Santos, 59 ans, chef du personnel, "sous l'autorité, la direction, l'aide et l'assistance" duquel les caissiers ont agi. Il est perçu comme l'"organisateur du réseau de détournements de billets gratuits, à la tête duquel il régnait en maître, achetant le silence de ses subordonnés" au moyen de congés, congés maladie et heures supplémentaires notamment. Devant les enquêteurs, il a reconnu le détournement de 35.000 euros, mais a nié être l'organisateur du trafic.

Autre prévenu au rôle prépondérant selon l'accusation, Vanessa Bossetti, une caissière promue "référente" par M. Santos et perçue comme "le relais hiérarchique" de celui-ci sur le terrain. C'est notamment elle qui récupérait, selon les témoignages, les billets audio-guide déjà utilisés pour les remettre en circulation.

Les prévenus, poursuivis pour détournement de fonds par des personnes dépositaires de l'autorité publique, recel et pour certaines extorsions, encourent jusqu'à 10 ans de prison et 1 million d'euros d'amende.
 

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