Procès de Gilles Patron : une première journée "dure et stressante" pour les plaignants

Procès de Gilles Patron : une première journée "dure et stressante" pour les plaignants

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JUSTICE - L’ancien père d'accueil de Laëtitia Perrais, assassinée par Tony Meilhon en 2011 est jugé pour viols et agressions sexuelles sur cinq victimes, dont la soeur jumelle de Laetitia, Jessica.

Gilles Patron comparaît libre. Il est arrivé juste avant l’audience ce mardi matin, vêtu d’une veste verte foncée et d’un pull gris. Son épouse et le reste de sa famille, qui le soutiennent, étaient arrivés avant lui. Le procès de l’ancien père d'accueil de Laëtitia Perrais, assassinée par Tony Meilhon en 2011, s'est ouvert devant les assises de Loire-Atlantique pour viols et/ou agressions sexuelles sur cinq victimes, dont la sœur jumelle de Laëtitia, Jessica.

"Je n'ai jamais nié les faits de la relation avec Jessica, je les regrette évidemment", a déclaré Gilles Patron à l’audience. Il a en revanche contesté les accusations de tous les autres plaignants. Il doit en effet répondre de viols et agressions sexuelles par "personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction" sur Jessica Perrais et une autre jeune fille dont il a eu la charge, en 2003 et 2004, alors qu'elle avait entre 11 et 12 ans. Il doit aussi répondre d'agressions sexuelles, toujours par personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction, sur un garçon qui lui avait été confié.

20 ans de prison encourus

Gilles Patron est également poursuivi pour des agressions sexuelles dont l'accusent deux jeunes filles, amies des jumelles Jessica et Laëtitia Perrais, sur lesquelles il n'avait pas autorité. L'audience est programmée sur neuf jours, jusqu'au 28 mars. Une cinquantaine de témoins ainsi qu'une dizaine d'experts doivent venir témoigner. Gilles Patron encourt 20 ans de prison.

Il s'était fait connaître lorsque, après le meurtre de Laëtitia près de Pornic en janvier 2011, il avait été reçu à deux reprises par le président Nicolas Sarkozy, à la place des parents biologiques des jumelles qui lui avaient été confiées. Il avait alors, à plusieurs reprises, appelé à la plus grande sévérité contre les "violeurs récidivistes".

"Cette relation n'aurait pas dû avoir lieu"

Lors du procès de Tony Meilhon pour le meurtre de Laëtitia Perrais en juin 2013, des lettres ont été citées par des témoins et par le président qui en a lu des extraits. Ces lettres, destinées à plusieurs de ses proches et retrouvées par les enquêteurs dans la chambre de la jeune fille après sa mort, indiquaient clairement son désir d'en finir avec la vie. Lors des audiences, une de ses amies avait affirmé avoir recueilli des confidences de Laëtitia se plaignant de viols de la part de Gilles Patron. Mais l'enquête ouverte sur d'éventuels faits de viols ou agressions sexuelles qu'il aurait commis sur Laëtitia a débouché sur un non-lieu au cours de l'instruction.

"Gilles Patron reconnaît une relation affective et sexuelle avec Jessica Perrais, dont il a bien conscience aujourd'hui qu'elle n'aurait pas dû avoir lieu", a déclaré aujourd’hui son avocat Me Thierry Fillion. "Il ne reconnaît aucun comportement à caractère sexuel à l'égard des autres plaignants", a-t-il ajouté. De son côté Me Cécile de Oliveira, avocate de Jessica, a souligné combien ce procès constituait une épreuve pour sa cliente. "C'est dur et très stressant pour elle de se retrouver dans cette salle d'audience où elle a été confrontée en juin dernier à Tony Meilhon pendant plusieurs jours", a-t-elle indiqué. Gilles Patron, assistant familial agréé en 1995 par le conseil général de Loire-Atlantique, a accueilli une cinquantaine d'enfants chez lui jusqu'en 2011.
 

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