Procès de la double billetterie : des peines de prison ferme requises

Procès de la double billetterie : des peines de prison ferme requises

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JUSTICE - Des peines allant de quatre à trente mois de prison avec sursis ont été requises mardi à l'encontre de huit fonctionnaires territoriaux. Ils étaient jugés par le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir organisé ou participé à un système de double billetterie dans des musées de la ville.

"Ce dossier va se clôturer avec sa part d'ombre". C’est par ces mots que le représentant du parquet a conclu son réquisitoire lors du procès de la double billetterie dans certains musées de Marseille. Peu de temps avant, il avait requis des peines allant de quatre à trente mois de prison avec sursis à l'encontre de huit fonctionnaires territoriaux, jugés par le tribunal correctionnel pour avoir organisé ou participé à ce système de détournement de fonds. Le jugement, mis en délibéré, sera rendu le 12 mai.

Le magistrat a réclamé 30 mois de prison, dont 24 avec sursis, contre le responsable présumé du système, William Santos, qui a reconnu avoir détourné, à titre personnel, 35.000 euros. Ludovic Leclerc a également demandé 5 ans d'interdiction de la fonction publique. Le prévenu avait fait six mois de détention provisoire avant d'être placé sous contrôle judiciaire. "J'ai honte de ce que j'ai fait", a-t-il dit lors de l'audience en expliquant avoir cédé à "la tentation" pour se payer un voyage.

Un préjudice estimé à 342.000 euros

Présenté comme la tête pensante de ce système bien rodé, William Santos avait été embauché en 2007 pour s'occuper du personnel des musées municipaux. Il a affirmé avoir aussitôt remarqué des "dysfonctionnements". "Chacun faisait ce qu'il voulait (...), c'était ingérable", a-t-il raconté. "Le syndicat FO intervenait tout le temps pour essayer de barrer la route" à ses initiatives, a-t-il affirmé.

Le parquet de Marseille a également requis 24 mois, dont 20 avec sursis, et quatre ans d'interdiction de la fonction publique à l’encontre de la caissière en chef des musées, Vanessa Bossetti. Quinze mois avec sursis et 2 ans d'interdiction de la fonction publique ont été demandés contre deux autres caissières et un caissier, et des emprisonnements allant de quatre à 10 mois ainsi qu'un an d'interdiction de fonction publique pour les autres.

Le trafic avait été découvert par hasard, par le trésorier-payeur général des Alpes-Maritimes, venu visiter une exposition temporaire à titre privé et auquel avait été vendu un billet estampillé "gratuit". La mairie a demandé 342.000 euros d'indemnité pour préjudice et 100.000 euros pour "préjudice d'image". "Je ne peux pas laisser dire que la municipalité était au courant. Il y a eu un blocage au sein d'un microcosme délétère", a plaidé l'avocate de la municipalité, Me Charlotte Moreau, en dénonçant "l'omerta" entourant ce "système mafieux".

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