Procès des anti-pub lillois : "nous luttons contre une pollution visuelle et mentale"

FRANCE

SOCIETE – Deux membres du collectif des Déboulonneurs de Lille ont été jugés ce mardi par le tribunal correctionnel. Depuis neuf ans, ces militants ont pris pour habitude d’inscrire des slogans anti-pub sur des affiches. Le jugement sera rendu le 7 juillet.

Ils persistent et signent. Deux membres du collectif des Déboulonneurs de Lille ont comparu, ce mardi devant le tribunal correctionnel de Lille, pour "dégradation d’un bien par inscription". En 2014, ils ont inscrit des slogans sur des affiches publicitaires à Lille avec de la peinture. Le procureur a requis un mois de prison avec sursis pour la dégradation et deux mois avec sursis pour refus de se soumettre à un test ADN. La décision sera rendue le 7 juillet. 

"Nous plaidons la relaxe pour 'état de nécessité', confie Alessandro Di Giuseppe, chef de file du collectif. Des militants parisiens l’ont obtenu en évoquant les dangers sur les passants. Nous demandons également que la taille de l’affichage publicitaire soit au maximum de 50x70 cm, comme pour l’affichage associatif et politique."

Une liberté de non-réception

Depuis maintenant neuf ans, ces militants anti-pub réalisent en moyenne une action par mois, cela fait de ce collectif d’une dizaine de militants le plus actif de France. "Nous voulons aussi défendre la liberté de non-réception, car le message publicitaire ne doit pas s’imposer aux passants", ajoute Mallory Fossard, la seconde prévenue. Selon la jeune femme, les "dangers" de l’excès d’affichage sont multiples. "Cela contribue au gaspillage, à la surconsommation, aux accidents de voiture, aux images dégradantes de la femme ou tout simplement à de la pollution visuelle et mentale", énumère-t-elle.

Tandis qu’une enquête publique est menée sur le sujet jusqu’au 31 décembre  par la communauté urbaine de Lille, les Déboulonneurs réclament une "harmonisation" entre les différentes communes. Adjoint au maire (EELV) chargé du patrimoine, Julien Dubois est venu témoigner "mais pas au nom de la ville". "Ce collectif fait vivre le débat public, glisse l’élu écologiste. Ils ne détruisent rien, il s’agit de désobéissance civile. Ce sont souvent les afficheurs qui ne respectent pas la loi. En 2007, la Ville a adopté un nouveau règlement local de publicité, qui imposait d'enlever 200 panneaux publicitaires. Au final, seuls 45 ont disparu. Il y a un excès de publicité, notamment à proximité des écoles et des monuments historiques."

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