Procès du braquage Global Cash : l'ex superflic Michel Neyret a livré sa vérité

Procès du braquage Global Cash : l'ex superflic Michel Neyret a livré sa vérité

JUSTICE – L'ancien n°2 de la PJ de Lyon était entendu ce vendredi devant la cour d’assises du Rhône. Le 24 septembre 2010, le bureau de change Global Cash, situé en plein centre-ville de Lyon, était braqué. Michel Neyret a expliqué pourquoi la police avait besoin de "preuves irréfutables" avant d'interpeller les suspects.

Il sera resté une quarantaine de minutes à la barre. Michel Neyret, ancien directeur adjoint de la police judiciaire de Lyon, était entendu ce vendredi après-midi par la cour d’assises du Rhône dans l'affaire du braquage en 2010 du bureau de change Global Cash en plein centre-ville de Lyon . L'ex commissaire, aujourd'hui âgé de 58 ans et toujours mis en examen dans un dossier de corruption présumée, était entendu en qualité de témoin et à la demande de la défense.

Me David Metaxas, avocat de l'un des six accusés, avait en effet souhaité entendre Michel Neyret sur la stratégie mise en place par la police lyonnaise pour coincer les malfaiteurs. Selon lui, la PJ aurait pu interpeller les suspects bien avant le braquage, sans attendre le "flagrant délit qui mettait en danger la sécurité des citoyens".

Cramponné à la barre, Michel Neyret, vêtu d'un jeans et d'une veste marron, a donné sa version d'une voix calme et posée. "A l'époque, les bijouteries ou les centres de traitements de métaux précieux situés dans l'hyper-centre de Lyon ont été les cibles d'une série d'attaques à mains armées très violentes, a expliqué l'ex superflic dans une salle d'audience pleine à craquer. Nous avions mis en place un dispositif de surveillance. Le but était d'avoir des preuves irréfutables à apporter à la justice." Un argument qui a fait réagir la défense.

"Leur choix de vie était la criminalité organisée"

"Votre objectif était donc qui les accusés prennent la peine la plus lourde possible, quitte à attendre un passage à l'acte ?", a-t-elle demandé. "Non. Ces malfaiteurs avaient fait un choix de vie réfléchi, celui de la criminalité organisée, a rétorqué Neyret. Il fallait donc les neutraliser pour une longue période, les éliminer socialement pour sauver des victimes futures. Si nous les avions interceptés pour vol ou recel de véhicules, ils auraient expliqué qu'ils n'y étaient pour rien. Je ne revendique pas le flagrant délit, et je suis désolé si les preuves vous mettent en difficulté", a lâché l'ancien n°2 de la PJ de Lyon en grand habitué des procès d'assises.

Alors, la défense a souligné que même si Global Cash ne s'était pas porté partie civile, son dirigeant et sa fille avaient eu l'impression d'être abandonnés par la police lors du braquage, voire même d'avoir "servi d'appât".

"C'est un sentiment complètement infondé puisque nous ne connaissions pas l'objectif des malfaiteurs ou leur projet criminel, a martelé Michel Neyret. Les individus ont pris la rue de la République en otage un vendredi après-midi. A savoir trois cents personnes, à 150 mètres de l'Hôtel de ville. Je me félicite que la police ne soit pas intervenue. Les conditions n'étaient pas réunies."
 

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