Procès : les "reclus de Saint-Nazaire" en pleine lumière

Procès : les "reclus de Saint-Nazaire" en pleine lumière

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JUSTICE – Un couple doit être jugé mardi à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour avoir coupé du monde quatre de leurs cinq enfants, dans un appartement rongé par l’humidité…

On les appelle les "reclus de Saint-Nazaire", depuis que les pompiers les ont retrouvés dans leur appartement rongé par les moisissures, en janvier 2013. Dominique et Christine Barreteau, 52 et 48 ans, vont être jugés ce mardi pour "privations de soins et d’aliments" et "abandon moral et matériel" de quatre de leurs cinq enfants. Le père – qui a également été mis en examen pour "agressions sexuelles" – était le seul à sortir de leur logement HLM, que ce soit pour faire les courses ou sortir les poubelles. Des verrous, à l’extérieur des portes, empêchaient sa famille de prendre l’air. Seule leur fille aînée vivait à l’extérieur du domicile familial.

Un isolement "justifié par les parents par la crainte du monde extérieur, ressenti comme intrusif, hostile et agressif", avait rapporté à l’époque la procureur de la République de Saint-Nazaire. Leurs enfants avaient donc été inscrits en 2009 à des cours par correspondance… Mais cela ne suffisait pas pour les deux plus jeunes, lourdement handicapés. "Alors qu’elle aurait dû être en CM1, elle a l’intelligence d’une élève de petite ou moyenne section", s’était ainsi alarmé le substitut du procureur à propos de la plus jeune des filles, lors d’un précédent procès en février 2013.

"Totale défiance" dans le système scolaire

Car, mardi, ce ne sera pas la première comparution du couple Barreteau : ils avaientt déjà été condamnés pour un précédent "abandon moral et matériel" de leurs enfants en 2007 et 2008. Mais le jugement n’avait pu leur être notifié : absents à l’audience, ils n’avaient jamais ouvert la porte aux huissiers venus le leur signifier… Ce n’est que lors de son audition par les policiers, en janvier 2013, que la mère de famille y avait fait opposition. Mais pas son mari.

Rejugée donc un mois plus tard, Christine Barreteau avait alors peiné à expliquer sa "totale défiance dans le système scolaire", selon les mots de son avocate. De mystérieux "problèmes de dos" de sa fille, que n’aurait pas détecté l’Education nationale, auraient justifié son inscription aux cours par correspondance. "Les enfants n’étaient pas déscolarisés, mais ils avaient une scolarité qui n’était peut-être pas adaptée à leur handicap", avait alors tenté de plaider son avocate… Sans grand succès : sa cliente avait écopé de quatre mois de prison avec sursis. Mardi, elle et son mari encourent jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende.
 

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