Procès Xynthia : l’ancien maire veut dire "sa vérité" à la barre

Procès Xynthia : l’ancien maire veut dire "sa vérité" à la barre

JUSTICE - René Marratier, ancien maire de la Faute-sur-Mer, est attendu à la barre du tribunal ce lundi, aux Sables-d'Olonnes, où se tient le procès Xynthia, après la tempête qui a coûté la vie à 29 personnes.

C’est l’un des témoignages les plus attendus du procès. Et lui entend bien dire "sa vérité". René Marratier, ancien maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), où 29 personnes ont péri en février 2010 après le passage de la tempête Xynthia, est interrogé à partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel des Sables-d'Olonne. Il comparaît pour homicides involontaires.

Le procès a débuté le 15 septembre dernier aux Sables-d’Olonnes . Après une première quinzaine consacrée à l'audition des victimes, chargée en émotion, le tribunal en est venu aux faits lors de la troisième semaine. Tout au long de cette dernière session de débats, le président Pascal Almy a tenté de déterminer si les agissements ou les manquements des élus de La Faute-sur-Mer, son ancien maire René Marratier en tête, avaient joué un rôle dans le drame du 28 février 2010. Dans le même temps la défense s'est employée à systématiquement recentrer les débats sur les défaillances de l'État.

"Responsable de ne pas avoir compris ce qui allait se passer"

Ce lundi, plusieurs questions sont soulevées par le tribunal : l'absence de plan de secours et de plan communal de sauvegarde, l'absence de surveillance de la digue submergée par les flots, le défaut d'information aux habitants qu'une tempête s'annonçait, la délivrance de permis de construire illégaux ont-ils eu une quelconque responsabilité dans la mort de 29 personnes, piégées par la montée des eaux ?

René Marratier, toujours conseiller municipal de la petite station balnéaire vendéenne, a toujours déclaré se sentir "responsable de ne pas avoir compris ce qui allait se passer cette nuit-là". L’un de ses avocats, Me Didier Seban, fait valoir qu’il n’aurait pas pu en être autrement alors que même les services de secours ont été dépassés par une tempête dont ils ne pouvaient "imaginer l'ampleur".

"Tout le monde s'est trompé"

Egalement en ligne de mire du tribunal, des permis de construire pour des maisons de plain-pied délivrés par la mairie après instruction des services de la Direction départementale de l'équipement (DDE), alors que le niveau de cote de référence n’avait pas été compris. Mais pour un des autres conseils de René Marratier, Me Anthonin Levy, "on reproche à mon client de ne pas avoir revu le travail de spécialistes dont c'était le métier". Il a souligné : "Tout le monde le traite de menteur depuis le début. (...) Mais tout le monde s'est trompé au moins autant que lui, les secours, les services de la DDE, la préfecture. Mon client va pouvoir dire sa vérité et le tribunal a maintenant les témoignages pour se rendre compte que c'est LA vérité".

Le sénateur PS Alain Anziani, rapporteur de la mission commune d'information du Sénat créée après Xynthia pour "éviter de nouveaux drames", est venu vendredi à la barre appuyer cette thèse d'une "responsabilité partagée" entre élus et État. Lors de la tempête, "rien n'a bien fonctionné", en raison du "manque d'une culture du risque" en France, malgré la répétition de catastrophes, a-t-il déclaré. Renaud Pinoit, président de l'Avif, l'association des victimes, a lui réagit : "Ce qui est jugé devant ce tribunal, ce n'est pas les maires en général, mais un maire. Qu'on pointe les défaillances de la DDE ou de l'État, on prend note. Oui, il y a eu cafouillage. Mais ça ne change pas les données de notre drame, 29 victimes à La Faute-sur-Mer le 28 février 2010".

 

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