Procès Xynthia : lourde peine requise pour le "petit maire" de La Faute-sur-Mer

Procès Xynthia : lourde peine requise pour le "petit maire" de La Faute-sur-Mer

JUSTICE – Des peines de prison ferme, assorties de lourdes amendes, ont été requises mercredi par le procureur de la République contre l’ancien maire de La Faute-sur-Mer (Vendée) et les autres prévenus du procès Xynthia, qui se termine vendredi aux Sables d’Olonne.

Tout au long du procès Xynthia,   il s’était présenté comme un "petit maire", dépourvu de moyens pour faire face à l’ampleur d’une telle catastrophe… . Las : quatre ans de prison, dont un avec sursis, ont été requis mercredi à l’encontre de René Marratier, l’ancien maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), jugé depuis le 15 septembre pour "homicides involontaires" et "mise en danger de la vie d’autrui" avant la tempête Xynthia , qui avait fait vingt-neuf morts dans sa commune dans la nuit du 27 au 28 février 2010.

Le procureur de la République a également requis une amende de 30 000 euros pour l’élu local, battu aux élections municipales  de mars dernier.

"Système Marratier"

Au passage, le représentant du ministère public a passé au crible le "système Marratier", un "maire tout-puissant" avec "deux ou trois adjoints autour de lui", dont le conseil municipal "peut être considéré comme une chambre d’enregistrement" de ses décisions… Gilbert Lafaye avait même fait un parallèle, au début de ses réquisitions, entre Naples et la station balnéaire vendéenne, citant le film italien Main basse sur la ville . "La Faute-sur-Mer n'est pas une petite commune, avec de petits moyens et un petit maire", a ainsi martelé le procureur de la République des Sables d’Olonne. "Ce n'est pas une commune à échelle réduite, c'est même tout le contraire : si elle compte 1.035 habitants en hiver, elle en a 40.000 en été ! C'est autant que Sète, Bayonne ou encore Chartres. Et elle a autant d’agents permanents qu’une ville de 5 ou 6 000 habitants."

"Frénésie immobilière"

Le magistrat s’est ainsi chargé de faire le procès de "la frénésie immobilière" et de "l'urbanisation à outrance" de la station balnéaire vendéenne, qui a construit des lotissements sur d'anciens "prés à vaches" pourtant régulièrement inondés par le passé. Il a estimé que René Marratier et son "triumvirat" avaient fait "obstacle" à la mise en place d’un plan de prévention des risques d’inondations, qui aurait empêché toute construction sur une partie de la commune.

Tout en relevant, au passage, que la commune avait été capable de dépenser 850 000 euros pour rénover la digue protégeant son camping municipal, un "joyau" qui lui "rapporte beaucoup" d'argent.

Extinction des poursuites pour le prévenu décédé

Le procureur a également réclamé trois ans de prison, dont un avec sursis, pour l’ancienne première adjointe de René Marratier. Il a assorti ses réquisitions d’une amende de 50 000 euros pour Françoise Babin, qui avait signé des permis de construire illégaux sur des terrains qu’elle savait inondables, en raison de son "appât du gain". Deux ans de prison, dont un avec sursis, et 50 000 euros d’amende ont aussi été réclamés pour son fils Philippe, un agent immobilier président de l’association propriétaire de la digue Est, et un an de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende pour Alain Jacobsoone, le directeur départemental adjoint des territoires et de la mer (DDTM) de Vendée au moment des faits, qui n'avait pas transmis les consignes de sécurité du préfet au maire de la Faute-sur-Mer la nuit du drame.

Gilbert Lafaye a en revanche constaté l'extinction de l'action publique à l'encontre de Patrick Maslin, autre adjoint de René Marratier, décédé au cours du procès des suites d'un cancer. Le représentant du ministère public a toutefois requis deux amendes de 150 000 euros pour ses deux entreprises du bâtiment, qui étaient poursuivies pour l'édification d’une maison de plain-pied en zone inondable.
 

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