Proxénétisme au salon de massage : quatre ans ferme pour un couple de Villeneuve-Loubet

FRANCE
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JUSTICE - Le couple qui gérait un salon de massage chinois de Villeneuve-Loubet a été condamné à quatre ans de prison pour "proxénétisme aggravé".

Leur salon de massage aura fonctionné moins de 10 mois. Liu Dehua, sa gérante, et Xu, l’amant de cette dernière, ont écopé de quatre ans de prison ferme pour proxénétisme aggravé, emploi d’étrangers sans autorisation de travail et travail dissimulé. Le tribunal correctionnel de Grasse a également prononcé lundi la fermeture du salon et la saisie de 15.000 euros en liquide.

La raison : leurs jeunes employées – entre 25 et 30 ans – proposaient, en plus d’un massage traditionnel à 60 euros, "une finition manuelle". Un supplément sexuel payé en espèces. Cette activité illicite n’a pas échappé longtemps aux gendarmes, qui ont interpellé le couple.

"C’est une forme d’esclavage moderne"

Huit masseuses-prostituées, payées 40 euros par jour pour douze heures de travail, six jours sur sept, subissaient "une forme d’esclavage moderne" selon Philippe Toccanier, procureur adjoint à Grasse. Il a dénoncé la situation de ces jeunes femmes chinoises, qui arrivent en France avec le statut d’étudiante pour finalement se retrouver sans visa et sous-payées. La tentation d’accepter des "extras" finit par leur tendre les bras.

Pour sa défense, Liu Dehua dit avoir certes fermé les yeux mais a soutenu ne pas avoir touché d’argent sur la prostitution de ses employées. Pour son avocate, Me Stéphanie Dantzikian, la peine est sévère car les jeunes filles étaient payées selon le nombre de massages réalisés. Xu, l’amant de la gérante, qui ne reconnaît pas les faits, se chargeait du recrutement en postant des annonces sur les sites internet de la communauté chinoise. Les conditions d’embauche ? Envoyer une simple photo. En échange, les employées étaient logées gratuitement dans un studio.

Fin 2013 à Nice, la police aux frontières des Alpes-Maritimes avait réalisé un vaste coup de filet dans les salons de massages chinois du centre ville . Cinq responsables d’établissements avaient été écroués pour proxénétisme aggravé.

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