Alerte attentat : l'application SAIP du ministère de l'Intérieur a-t-elle trop bien fonctionné ?

FRANCE

ANXIOGENE - L'application SAIP du ministère de l'intérieur a envoyé une alerte attentat invitant les personnes situées dans le centre de Paris à "ne pas s'exposer" samedi après-midi. Le système, créé après les attentats de Paris , a été rapidement critiqué. De nombreux destinataires du message l'ont en effet jugés trop anxiogène.

"EGLISE ALERTE ATTENTAT - Intervention en cours des forces de l'ordre et de secours suite à un attentat - Abritez-vous - Ne vous exposez pas". Voilà le message qui s'est affiché sur les smartphones des utilisateurs de l'application SAIP suite au déclenchement de l'alerte pour un présumé attentat à l'église Saint-Leu-Saint-Gilles située dans le 1er arondissement de Paris, samedi 17 septembre.

L'application qui avait été développée suite aux attentats survenus en France en janvier et novembre 2015, est disponible gratuitement sur l'Apple store et Google Play depuis le 8 juin. Elle permet d’être alerté, via notification sur son smartphone, en cas de suspicion d’attentat ou d’événement exceptionnel (accident de sécurité civile) susceptible de résulter d'un attentat. Par exemple, un utilisateur qui a enregistré la zone en alerte dans "ses lieux", reçoit une simple notification : C'est la fonction "s'abonner" qui permet d'enregistrer jusqu'à 8 zones géographiques.

 Un utilisateur géolocalisé dans la zone de danger, reçoit un écran dit "de sidération" (écran d'alerte) qui s’impose sur le téléphone quel que soit l’affichage en cours : C'est la fonction "s'abonner".

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    Notification anxiogène

    Seulement ce dispositif peine à trouver son équilibre et certains utilisateurs se sont plaints de recevoir une notification jugée anxiogène alors que l'attentat de l'église Saint-Leu-Saint-Gilles de Paris n'était pas avéré.

    Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a immédiatement réagi dans un communiqué de presse, expliquant que le système d'alerte SAIP avait été immédiatement  lancé "par précaution". Le ministère de l'intérieur voulait ainsi que "les personnes présentes dans le périmètre de l'église faisant l'objet de l'alerte s'en tiennent éloignées".

    Une précaution qui trouve sans doute sa source dans l'épisode de l'attentat de Nice, perpétré le soir du 14 juillet. L'application n'avait alors pas fonctionné correctement. Face à ce dysfonctionnement, les développeurs de l'application avaient été convoqués place Beauvau au lendemain de l'attaque. Une mise à jour a depuis été effectuée et le dispositif vient donc de prouver sa (trop?) grande efficacité.

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