Quand la littérature jeunesse s’ouvre à la famille non-traditionnelle

Quand la littérature jeunesse s’ouvre à la famille non-traditionnelle
FRANCE

FAMILLE - A l’image de la société, les livres jeunesse reflètent de plus en plus la famille moderne, dans toutes ses composantes. Avec des relations hommes-femmes plus égalitaires, des couples homosexuels et des enfants adoptés. Voici quelques références.

C’est une petite part de la littérature jeunesse, mais qui a connu une grande exposition médiatique. Sur les 12.000 livres jeunesse qui sortent chaque année, quelques dizaines, quelques centaines peut-être, donnent une nouvelle image des relations hommes-femmes, explorent la diversité des relations amoureuses et présentent les familles dans toute leur variété : homoparentales, monoparentales, recomposées....

Le gros de la littérature jeunesse, lui, montre un visage plus traditionnel, avec des mamans "au foyer" et une conception "plutôt classique" des rapports hommes-femmes, explique Sylvie Vassallo, la directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, qui se tient jusqu’au 1er décembre à Montreuil.

Crispations

Mais depuis quelques années, des ouvrages aux noms explicites comme "Papa porte une robe", "L'aventure de la naissance avec la PMA" ou "Tango a deux papas" sont apparus. "La littérature jeunesse est le reflet de la société et des préoccupations des enfants", explique Sylvie Vassallo. Il était donc naturel qu’elle finisse par s’intéresser à ces questions.

Une évolution qui ne va pas sans susciter quelques crispations. Les “anti-genre” ont multiplié les critiques contre l’Education nationale , qui selon eux aurait recommandé le livre “Papa porte une robe”. Une intox : le livre, l’histoire d’un papa dont le métier est d’être danseur et qui oublie parfois d’enlever sa robe, n’était en fait que conseillé par un syndicat, le Snuipp. En février dernier, en pleine polémique sur la "théorie du genre" - en fait, les études de genre, qui véhiculent des idées multiples et non une seule "théorie" - le patron de l’UMP de l'époque,  Jean-François Copé, s’était par ailleurs indigné après la lecture du livre Tous à poil.

"Cette charge était malvenue parce qu’elle laisse à penser que la littérature doit véhiculer des valeurs morales", commente Sylvie Vassallo, qui plaide pour que la littérature jeunesse garde un statut littéraire et non pédagogique . Certes, "la littérature porte des valeurs" mais "les albums ou les romans n’éduquent pas à ces questions", ils "racontent une histoire".

EN SAVOIR + :
>> Le genre dans la littérature jeunesse : trois livres à lire

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