Quand le patron d'Auchan s'invite à une réunion des jeunes communistes

Quand le patron d'Auchan s'invite à une réunion des jeunes communistes

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CLASH - Ce samedi à Lille, le patron du groupe Auchan Gérard Mulliez a débarqué dans une réunion de jeunes communistes, qui le traitaient de "profiteur de la crise" sur une de leurs affiches.

La scène se déroule un samedi après-midi à Lille, alors que les jeunes communistes sont réunis à l'occasion d'un conseil départemental. Ça discute politique et actions futures, quand soudain, Gérard Mulliez, patron d'Auchan et – comme ne manquent pas de le souligner nos confrères de La Voix du Nord qui rapportent l'histoire – troisième fortune de France, s'invite à la fête. Une visite de courtoisie ? Pas vraiment.

"Je crée des emplois"

L'entrepreneur souhaite montrer aux militants son mécontentement face à une affiche du parti où il est décrit comme "profiteur de la crise". Le salaire du milliardaire, en hausse de plus de 5% entre l'année 2013 et 2014 selon les jeunes communistes est comparé au salaire d'une ouvrière, qui ne bénéficie, lui, d'aucune valorisation. Une affiche coup de poing, dont certains diront qu'elle est efficace, mais qui est loin d'être du goût de Gérard Mulliez.

Arrivé dans le hall du local, l'homme d'affaire de 83 ans enlève sa casquette et désigne l'affiche fautive, placardée sur la devanture. Les militants, surpris, mettent quelques secondes à réaliser qui se tient ainsi devant eux, avant qu'un dialogue ne s'engage. "Je crée des emplois avec mes magasins", se défend Gérard Mulliez. Et le patron de poursuivre par une remontrance bien sentie : "A votre âge, j'avais déjà ouvert mon premier magasin !"

Bientôt un remake ?

Cinq minutes plus tard, le débat improvisé – qui s'est tenu dans le plus grand calme – est terminé. L'entrepreneur milliardaire quitte le local et grimpe à bord de sa voiture Range Rover, garée en double file.

Les militants, qui voient toujours en Gérard Mulliez "un patron totalement déconnecté avec la réalité" soulignent toutefois son "courage" de venir se confronter à leurs idées. D'ailleurs, ils l'invitent officiellement à débattre prochainement sur "le coût du travail et le coût du capital". L'homme d'affaires réitérera-t-il sa visite ?

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