Quartiers pour djihadistes : "Les prisons sont déjà surchargées"

FRANCE

PRISON - Après l'annonce de Manuel Valls de créer des "quartiers spécifiques" en prison pour les djihadistes, les surveillants des prisons du Nord évoquent une pénurie de places pour les accueillir.

Comme beaucoup d'établissements pénitentiaires, la prison de Sequedin, près de Lille, accueille des détenus musulmans. C'est ici, qu'en avril 2014, 65 prisonniers ont refusé de réintégrer leurs cellules . Leur revendication : pouvoir manger halal lors des repas et bénéficier d'une "cantine" (l'équivalent d'une épicerie, ndlr) moins chère.

"Où va-t-on-mettre les islamistes radicaux ?"

Après l'annonce, mardi, par Manuel Valls de la création des "quartiers spécifiques" pour les djihadistes, les surveillants nordistes sont circonspects. "L'observation des détenus fait partie de notre métier, indique à metronews Stéphane Lecerf, délégué Ufap-Unsa-Justice. Or, nous sommes un surveillant pour 110 prisonniers et l'établissement en accueille 800 au lieu de 560. Les prisons du Nord sont déjà surchargées."

Stéphane Lecerf se demande "où va-t-on mettre les islamistes radicaux ?" : "La solution serait de construire de nouvelles prisons, mais cela n'est pas à l'ordre du jour." Pour lui, la réouverture de la prison de Loos, prévue pour 2022, ne devrait pas permettre de désengorger les prisons nordistes. "En attendant, nous avons un imam qui reçoit les prisonniers, ajoute-t-il. Cela permet d'éviter les dérives. Quant aux prédicateurs incarcérés, c'est difficile de les identifier, avec seulement un surveillant par coursive."

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