Qu’est-ce qui pousse les jeunes de quartiers à s’investir en politique ?

Qu’est-ce qui pousse les jeunes de quartiers à s’investir en politique ?

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POLITIQUE - Le réalisateur nantais Samuel Largentier a suivi pendant la campagne des municipales quatre jeunes issus de la diversité, qui se sont lancés en politique. Il en a fait un film, Les Quartiers s’encartent, projeté mardi au Concorde.

Ils sont jeunes, habitent les quartiers populaires de Nantes. Et ils ont choisi de faire de la politique. Yasmine, Mounir, Omer et Nejma ont moins de 30 ans, et sont engagés dans différents partis, du FN à l’EELV. Au risque de passer pour des Ovni auprès de leurs amis. C’est pour comprendre leurs raisons que Samuel Argentier, réalisateur nantais, les a suivis pendant la campagne des municipales.

"Il y a 10 ans, très peu de jeunes issus des quartiers s’investissaient en politique. Pour eux, c’était un gros mot", explique Samuel. "On en voit aujourd’hui, c’est un fait nouveau. Cela m’intéressait de valoriser cet engagement." Mais aussi voir les difficultés d’être le cadet d’une liste, le risque d’instrumentalisation… Pendant un mois, muni d’un appareil photo, le réalisateur a approché sous toutes les facettes les quatre colisitiers : collage d’affiche, tractage, débats, réunions politiques mais aussi sorties personnelles. En résulte "les Quartiers s’encartent", un documentaire de 26 minutes . "C’est mon regard sur ces engagements. Mais cela ne se veut pas représentatif de la jeunesse", indique Samuel.

"On n'est pas tout à fait normaux"

Yasmine, 20 ans, encartée à l’UDI, reconnaît en effet ne pas être "tout à fait normale" : "A partir du moment où l’on s’engage, on n’est pas comme les autres." D’autant qu’elle, depuis ses 12 ans, "adore regarder les débats à l’Assemblée nationale" : "Petit à petit, ça m’a donné envie de m’engager dans le monde politique." Mounir, 27 ans, a eu le déclic le 21 avril 2002, en voyant Le Pen arriver au second tour des présidentielles. "J’ai pris conscience de l’importance de l’action publique. Il ne fallait pas rester sans rien faire". Comme Nejma, qui s’est tournée vers le FN après l’élection de François Hollande : "Je n’aimais pas ce qu’il faisait. Je voulais mettre mon grain de sel." Omer lui, est investi depuis 2005 dans le milieu associatif à Malakoff. La politique a été un prolongement.

Aujourd’hui, trois d’entre eux sont élus municipaux. "On n’a pas la sensation d’être instrumentalisé. On est là pour nos idées et nos compétences", estime Yasmine. Mais chacun vit son engagement différemment : Omer et Mounir, sur les listes PS et EELV, ne se sont pas encartés. "Ils refusent de faire partie d’un mouvement, ils veulent garder leur ouverture", explique Samuel. Il note toutefois une évolution : "Même si tous veulent rester naturels, ils changent leur manière de parler. Ils sont devenus des personnes publiques, ils n’ont plus leur entière liberté."

> Où voir le film ? Projection mardi prochain à 20 h 30 au cinéma le Concorde à Nantes à Nantes. Ouvert à tous, gratuit. Réservations possibles sur resacine@somarvel.com. Rediffusions sur Télénantes le 24 avril à 21 h, vendredi 25 à 14 h 30 et 19 h, samedi 26 à 20 h et dimanche à 16 h.

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