Rachat d'Alstom : cinq choses à savoir pour tout comprendre

Rachat d'Alstom : cinq choses à savoir pour tout comprendre

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ECONOMIE - François Hollande reçoit lundi les PDG de Siemens et General Electric, deux potentiels candidats au rachat de la branche énergie d'Alstom. Alors que de nombreuses questions entourent cette vente, metronews fait le point.

Pourquoi Alstom veut vendre ?
La question est d'abord stratégique : Alstom souhaite recentrer son activité sur le ferroviaire. La branche transport et par conséquent le TGV ne font donc pas partie du processus de vente engagé . Le principal actionnaire, Martin Bouygues (29,4 %), souhaite par ailleurs se désengager du capital pour des raisons stratégiques.

Dans cette opération, ce sont principalement les actifs du groupe liés à l'énergie qui sont en jeu : équipements pour centrales thermiques, lignes à haute tension et énergies renouvelables, entre autres.
La transaction pour le rachat de cette branche - qui représente 70 % de l'activité d'Alstom et un chiffre d'affaires de 14 milliards - est estimée à près de 10 milliards d'euros.

Quels candidats pour quels avantages ?
Pour racheter les 70 % d'Alstom, deux candidats se livrent bataille : Siemens et Général Electric. Pour l'emporter, les deux semblent avoir des stratégies diamétralement opposées. Le géant allemand joue la carte de la négociation constructive, quand son rival espère plier l'affaire rapidement. Dans cette optique, GE semblait avoir un temps d'avance sur Siemens. Mais l'entreprise voisine a proposé une offre plus globale avec une absence de licenciement durant les trois prochaines, et la conservation des centres de décision en France. Sans oublier le rachat de la branche pour une somme de 10 à 11 milliards d'euros.

En face, le concurrent américain a choisi de se recentrer sur sa filière industrielle au détriment de son activité financière. GE peut miser sur sa forte présence sur le territoire français avec près de 11.000 employés, dont un siège à Belfort. Surtout, il bénéficie de la haine viscérale que Patrick Kron, le PDG d'Alstom, voue à Siemens.

Déjà sauvé en 2004... par Nicolas Sarkozy
Il y a dix ans déjà, Alstom avait tremblé. Pour venir à sa rescousse, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, s'était démené. A l'époque, il avait directement mené les discussions avec le commissaire européen Mario Monti, obtenant notamment la sauvegarde du site de Belfort et l'application d'un plan de restructuration voté à l'été 2003. Celui-ci prévoyait notamment la cession ciblée de plusieurs activités, tout en conservant les plus lucratives. Surtout l'accord permettait à l'entreprise, endettée à hauteur de 3 milliards d'euros, de bénéficier des garanties bancaires de l'Etat.

Quand sera bouclé le rachat ?
GE pensait boucler le dossier dimanche. Mais l'intérêt de Siemens, officialisé tardivement, a changé la donne. Dimanche, le Conseil d'administration d'Alstom n'a trouvé aucun accord concernant le rachat. François Hollande, qui en fait une affaire d'Etat, a reçu lundi matin, le PDG de General Electric et doit en faire de même avec celui de Siemens dans l'après-midi. Malgré ces consultations, l'Etat ne prendra officiellement pas part aux prochaines négociations, dont le verdict devrait être rendu mercredi, selon un communiqué d'Alstom.

Quel rôle pour l'Etat ?
Avant que la décision d'Alstom ne soit rendue, Siemens et General Electric doivent donc passer par la case Elysée. Il leur faut convaincre le Président, le Premier ministre et d'autres membres du gouvernement (Arnaud Montebourg et Ségolène Royal), plus précisément. Ces négociations n'ont pas pour but de trancher officiellement le dossier, mais d'éviter qu'un éventuel échec du repreneur soit associé au quinquennat de François Hollande, alors même que Nicolas Sarkozy était parvenu à sauver le groupe dix ans plus tôt. L'Etat, qui n'est plus actionnaire depuis 2006, attend aussi des garanties en termes de sauvegarde de l'emploi (9.000 salariés dans l’énergie pour Alstom en France), de création et d'investissement dans l'Hexagone. Un sujet dont le Président a fait son cheval de bataille.

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