Radioactivité : l’ex-bâtiment universitaire grenoblois a subi une inspection

Radioactivité : l’ex-bâtiment universitaire grenoblois a subi une inspection

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NUCLEAIRE - L’affaire avait fait grand bruit la semaine dernière, dans la capitale des Alpes. Après avoir annoncé la "décontamination immédiate" d’une parcelle de 20 cm2 d’un chemin menant à l’institut de géologie Dolomieu, l’université Joseph-Fourier (UJF) a reçu jeudi la visite des inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire. Metronews fait le point sur les dernières avancées de cette affaire.

Que sait-on de cette inspection ?

Lorsque l’affaire a été dévoilée dans la presse , l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) affirme avoir pris les devants en contactant l’université Joseph-Fourier (UJF) pour lui demander de mettre en place trois mesures : "1. Sécuriser la galerie et mettre en place un zonage indiquant la présence de radioactivité ; 2. Renforcer le gardiennage en permanence ; 3. Remettre dans un état de radioprotection satisfaisant l’ensemble du terrain", a détaillé à Metronews le chef de la division de Lyon de l'ASN, Mathieu Mangion. C’est pour s’assurer que ces recommandations ont bien été mises en place que les inspecteurs de l’ASN se sont rendus jeudi dernier sur les lieux. "Dans un souci de transparence, une lettre comportant l’ensemble de nos recommandations sera publiée sur notre site Internet", a-t-il déclaré.

Quelle est la réglementation entourant l’entreposage des déchets radioactifs ?

La question n’est pas simple : étant donné que le bâtiment de l’UJF ne fait pas partie des installations contrôlées habituellement au titre du Code de la santé publique, il doit surtout répondre aux exigences de radioprotection incluant notamment la protection du public. "Il faut que cette zone soit sécurisée afin que le public n’y ait pas accès. Quant à la question du stockage, nous allons voir sur place", a affirmé Mathieu Mangion.

Quelle est la dangerosité des minerais entreposés sur place ?

"D’après nos informations, il ne s’agit pas d’un enjeu majeur puisqu’on serait en présence de minéraux faiblement radioactifs que l’on peut retrouver dans la nature. Mais il est nécessaire que ces matières soient traitées dans les filières adaptées ", a répondu le chef de la division lyonnaise de l'ASN. Selon lui, "la présence de bidons liquides serait due au fait que l’UFJ aurait, dans le cadre de son activité, dissout des minerais contenant de l’uranium".

Qu'en est-il des mesures effectuées sur place ?

Alors que le journal alternatif grenoblois qui a révélé l'affaire parlait de présence, par endroits, de radioactivité atteignant jusqu'à 3000 fois la dose normale, l'ASN s'est montrée prudente et attend le résultat des tests effectué sur place.

Roland Debordes, président de la CRIIRAD (la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), affirme avoir constaté lui-même des anomalies. "Je suis allé dans la semaine sur place avec un appareil de mesure et juste devant la porte de la grotte, sur le chemin, je mesurais déjà un débit de dose 12 à 15 fois supérieur au bruit de fond naturel", explique-t-il. Pour lui, les instruments utilisés par le journal alternatif grenoblois sont fiables : "il s'agit d'un matériel de mesure classique pour faire des interventions en milieu contaminé, pas d'un compteur Geiger de poche !"

Que dit l’université ?

Si la direction de l’UJF n’a pas souhaité répondre aux demandes d’interview de Metronews, le service des communications de l’université a indiqué que la société D&S était de retour sur le site la semaine dernière "afin de poursuivre les opérations de décontamination, en vue de pouvoir ensuite revendre le bâtiment". Si aucun acheteur officiel ne se serait encore manifesté, l'UJF annonce par ailleurs que le gardiennage du bâtiment a été renforcé à la suite des recommandations émises par l’ASN, sans toutefois en préciser les modalités. "Nous avons aussi entrepris une action en justice pour "intrusion et effraction", puisque, pour pénétrer dans la grotte, des barreaux ont été sciés".

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