Rassemblement contre les violences policières : les manifestants ont limité la casse

Rassemblement contre les violences policières : les manifestants ont limité la casse

CONTESTATION – La manifestation contre les violences policières de samedi a rassemblé 1 200 personnes à Nantes. Des incidents ont émaillé la fin de la manifestation, mais sans commune mesure avec les violences qui avaient eu lieu le 1er novembre dernier. Quatorze personnes ont été interpellées.

"La manifestation s’est déroulée dans des conditions sans rapport avec les violences que nous avons connues." La déclaration est de la maire de Nantes, Johanna Rolland, au soir du rassemblement contre les violences policières, qui a réuni environ 1 200 personnes, samedi à Nantes. Le défilé, non autorisé , s’est déroulé essentiellement dans le calme, marqué par quelques incidents en fin de journée. Pour autant, la maire de Nantes dit "rester vigilante" : "Je refuse que la ville s’installe dans un cycle de manifestations violentes sans organisateurs déclarés, qui pénalisent les habitants."

Samedi, les militants se sont retrouvés devant le palais de justice, brandissant des banderoles "Désarmons la police" ou encore "Mort de Rémi Fraisse. Ni oubli, ni répit !". Ils répondaient à un appel à "reprendre la rue", lancé en début d’année par des comités opposés au projet de Notre-Dame-des-Landes et des collectifs anti-répression. Ils entendaient notamment "lutter contre les violences policières", à la suite de la manifestation du 22 février dernier à Nantes, au cours de laquelle trois manifestants ont perdu l'usage d'un œil.

"Plus light que ce que l'on aurait pu craindre"

Après un défilé dans le calme dans les rues voisines de l’hyper centre, un face-à-face tendu a cependant opposé en milieu d’après-midi manifestants et forces de l’ordre devant la préfecture, échangeant projectiles, contre canons à eau et gaz lacrymogènes. Quatorze personnes ont été interpellées. "Cela a été plus light que ce que l'on aurait pu craindre", indique Thierry Spitz, du syndicat Alliance. "Le dispositif policier avait été bien calibré, et les collègues ont fait preuve de sang-froid pour ne pas céder à la provocation. Un blessé dans leur rang arrangerait les militants."

La prudence était en effet de rigueur : le dernier rassemblement, le 1er novembre dernier, en hommage à Rémi Fraisse, militant écologiste tué en octobre dans le Tarn, avait dégénéré, se soldant par plusieurs blessés, tant du côté des forces de l'ordre que des manifestants, et par une vingtaine d'interpellations. Mais si les incidents de samedi ont été sans commune mesure, les forces de l’ordre restent vigilantes pour l'avenir : "Ces militants n’ont qu’une idée : faire interdire tous les moyens de défense de la police", estime Thierry Spitz.

Un nouveau rendez-vous est en effet déjà avancé par les organisateurs : le 6 décembre prochain. Et, pour eux, la manifestation de samedi, "la plus importante à ce jour'", montre que "le mouvement s'élargit" , rassemblant une "diversité de personnes", et ne se réduisant pas à "la figure caricaturale du black-block casseur ultra-violent". A l'inverse, un observateur du mouvement estime que les activistes, des extrêmistes de gauche, ont "perdu la bataille de l'opinion publique. Ils ne savent plus comment faire pour retourner la situation. Ils ont essayé de rameuter les lycéens mais cela n'a pas marché." Et la mobilisation ne semble pas près de s'arrêter : "Ces luttes sont aussi liées à celle contre Notre-Dame-des-Landes. Tant que le dossier de l’aéroport ne sera pas réglé, le problème perdurera à Nantes sous diverses formes et avec plus ou moins d’intensité."

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