Récidiviste, un malade du sida jugé pour avoir contaminé sa partenaire

FRANCE
JUSTICE - Un homme déjà condamné pour avoir sciemment contaminé deux partenaires avec le VIH, comparaît de lundi à jeudi pour des faits similaires, devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône et encourt une peine de 30 ans de prison.

Le procès d'un récidiviste. Un conducteur de bus d’Istres est jugé à partir de lundi devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence pour avoir sciemment transmis le VIH à sa partenaire. Christophe Morat, 40 ans, avait déjà été condamné à six ans de prison en 2005 à Colmar pour les mêmes faits après avoir contaminé deux autres femmes.

Remis en liberté en 2008, il s'installe dans les Bouches-du-Rhône. Là, l'homme multiplie les conquêtes notamment via les sites de rencontres. "Je le vois comme un tueur en série", affirme, désemparée, au Journal du dimanche , Stéphanie, l’une de ses ex-relations partie civile dans cette affaire.

"Jeune et amoureuse" au moment de sa rencontre avec Christophe Morat, elle ne savait rien de la maladie de son compagnon. Un article sur Internet relatant le passé judiciaire de son partenaire lui apprendra que ce dernier est atteint du sida. "C’est comme si le monde s’effondrait autour de moi", souffle-t-elle.

"Une certaine tendance à la manipulation"

Heureusement, Stéphanie n’est pas infectée. "J’en ai pleuré de joie", se remémore-t-elle. Mais Sylvie, elle, n’a pas eu cette chance. Le "serial lover" lui avait laissé croire "qu’il était clean", explique l’un des représentants de la partie civile.

"La responsabilité est partagée, nuance l’avocat de Christophe Morat. Elle était au courant. Après une période de rapports non protégés, elle avait effectivement appris la maladie de son compagnon. Mais ce dernier l’avait convaincue qu’il n’y avait aucun risque. "Il aborde ce procès avec un lourd sentiment de culpabilité", reconnaît son avocat. "Il n'arrive pas vraiment à verbaliser, à expliquer son attitude mais on espère que les débats serviront à cela", indique-t-il.

Selon un examen psychiatrique, l'amant ne souffre pas d’anomalie mentale ou psychique, mais l’expert a relevé "une certaine tendance à la manipulation". Mis en examen pour "administration volontaire de substances nuisibles ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, avec préméditation et en état de récidive légale", Christophe Morat encourt une peine de 30 ans de prison.
 

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