Réforme du stationnement : un mois après, médecins, handicapés et policiers mis à l'amende

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PERFECTIBLE - Depuis l'entrée en vigueur de la réforme du stationnement payant le 1er janvier dernier, les couacs se multiplient. Au grand désespoir des automobilistes touchés.

Depuis le 1er janvier 2018 est entrée en vigueur la réforme du stationnement payant. Sur la voie publique, il est désormais géré par les mairies, qui peuvent en fixer le tarif et confier sa gestion et sa surveillance à des entreprises privées. En pratique, l’amende pour non-paiement de stationnement, qui coûtait 17 euros, a été remplacée par un "forfait de post-stationnement" (FPS), qui peut aller jusqu'à 60 euros dans certaines villes. Mais les bugs se multiplient et de nombreux automobilistes se sont vus verbaliser alors qu’ils étaient en règle. 

Les policiers

Depuis le 1er janvier dernier, les voitures de police banalisées et sérigraphiées étaient verbalisées. Mais de nombreux policiers se sont plaints de voir leurs véhicules mis à l’amende alors qu’ils étaient garés sur des emplacements de police ou en intervention. Après que plusieurs syndicats soient montés au créneau, la maire de Paris a cédé. Une note rédigée par le préfet de police de Paris Michel Delpuech indique d'ailleurs : "Madame la maire m’a donné son accord en m’indiquant que la Ville de Paris souhaitait permettre le stationnement à titre gratuit des véhicules professionnels utilisés dans le cadre de nos missions." Le syndicat Alliance demande maintenant la gratuité de stationnement des véhicules personnels des policiers. 


A Rennes, la ville s’est également dite ouverte pour trouver une solution à ce sujet. Car les agents ont la consigne de stationner leurs véhicules banalisés sur des zones non-payantes, et en cas de verbalisation, de régler eux-mêmes la note. Le syndicat Alliance préconise donc "d’éviter autant que faire se peut de se déplacer sur les lieux d’intervention en zone payante, aux horaires durant lesquelles le stationnement est payant."

Les professionnels de santé

"Depuis la réforme du stationnement, une dizaine de médecins pourtant titulaires de la carte soins à domicile ont reçu un FPS" a dit au Parisien Serge Smadja, président de SOS Médecin Paris Ile-de-France. 


Mais les professionnels de santé sont inquiets depuis le 1er janvier que certains édiles veuillent remettre en cause leurs avantages en matière de stationnement. "Les tensions sont ravivées depuis ce début d’année, alors que les maires ont désormais la possibilité de fixer eux-mêmes le tarif des pénalités pour stationnement payant non acquitté et qu’une très grande majorité (dont bien sûr Paris) a opté pour une augmentation. Aussi, la colère gronde partout" peut-on lire sur le site du Journal International de Médecine. Est notamment cité en exemple le cas de la ville de Colmar qui a mis en place un forfait de 300 euros par an pour les praticiens et infirmières.

Les handicapés

A Paris, plusieurs personnes handicapées munies d’une carte et garées sur un emplacement dédié ont été verbalisées. Comme le signale un article de Faire face, mieux vivre le handicap moteur, la lecture automatique des plaques d’immatriculation font que de nombreux handicapés ayant le droit de stationner gratuitement, sur les places réservées mais pas seulement, risquent de se voir infliger une amende à tort. L’article rappelle que l’automatisation des FPS est interdite, et qu’un agent doit toujours se rendre sur place pour vérifier qu’une carte n’est pas apposée sur le véhicule. Or, selon un article de Libération, certaines communes (dont Creil et Pau) font tout par ordinateur, sans vérification humaine sur le terrain. 

Des problèmes pour tous les automobilistes

Depuis que les règles ont changé, tous les automobilistes ne les ont pas bien intégrées. Le fonctionnement des horodateurs a été modifié, il faut désormais entrer son numéro de plaque d’immatriculation avant de mettre de l’argent. Une subtilité que tout le monde ne connaissait pas le 1er janvier dernier.


D’autres se sont fait prendre alors qu’ils étaient en règle. France Bleu a rendu compte du cas de Joseph, qui a écopé d’un FPS à 14h32 alors qu’il avait payé son stationnement à 14h29 pour deux heures. "J’ai payé, comme d’habitude via l’application PayByPhone sur mon smartphone. En récupérant ma voiture, j’ai découvert que j’avais été verbalisé. J’ai tout de suite payé, ce n’est qu’après que je me suis rendu compte qu’il y avait une erreur" a-t-il déclaré à la radio locale. 


A Paris, certains habitants possédant une carte de stationnement résidentiel et ayant payé leur stationnement se sont tout de même vus dresser un FPS.

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