René Kojfer : "Ils voulaient la tête de DSK"

René Kojfer : "Ils voulaient la tête de DSK"

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SOCIETE - L’ancien chargé des relations publiques de l'hôtel Carlton vient de sortir un livre intitulé "Carlton, le dossier X de DSK". Il y affirme que DSK était sur écoute avant l'affaire, afin de nuire à sa candidature aux présidentielles. Rencontre.

René Kojfer se présente comme un bouc émissaire. Mis en examen pour proxénétisme aggravé et placé en détention provisoire pendant quatre mois, l’ancien chargé des relations publiques de l'hôtel Carlton a décidé de livrer sa vérité dans son livre Carlton, le dossier X de DSK.

Devant l’hôtel qui a défrayé la chronique, cet homme de réseaux âgé de 72 ans essaie de se faire discret. Mais très vite, il ne peut s’empêcher de saluer çà et là des connaissances croisées par hasard. Deux ans après l’affaire qui devrait être jugée au printemps prochain à Lille (voir ci-dessous), il n’a pas oublié.

Une instrumentalisation politique

"Nous étions une bande de copains qui s’amusaient, raconte-t-il. C’est vrai, on invitait des filles en les payant. Mais si j’ai été mis sur écoute au début de l’année 2011, c’est dans le cadre d’une instrumentalisation politique destinée à nuire à la candidature de DSK aux présidentielles. Sans lui, il n’y a pas d’affaire Carlton ! " L’ouvrage avance en effet la thèse de mystérieuses "écoutes téléphoniques administratives", qui auraient été diligentées sur autorisation du Premier ministre.

S’il lui arrivait effectivement de déjeuner avec le proxénète belge Dodo la Saumure, René Kojfer nie avoir touché de l’argent via des prostituées. Il admet tout juste avoir mis en relation "des copines" dans le cadre de son réseau de francs-maçons. Rien de plus.

"Les filles étaient toujours payées"

"Je n’ai jamais vu DSK, ce que j’ai raconté sur les écoutes étaient faux, ajoute cet ancien informateur de la police lilloise. Je n’ai jamais rien touché. On était des clients et les filles étaient toujours payées. Les vrais proxénètes ont dû bien rigoler."

Aujourd’hui, René Kojfer affirme avoir la "conscience tranquille". Son précieux carnet d’adresse, il l’a mis cette fois au service d’une agence d’immobilière. "Je n’ai jamais rien fait de mal, clame-t-il. Depuis 50 ans, je m’amuse avec mes copains. Ils voulaient la tête de DSK, ils l’ont eu."

LE PROCÈS AURA LIEU EN 2014

Le procès de l’affaire Carlton aura lieu au printemps prochain devant le tribunal correctionnel de Lille. Ce mercredi, la cour d'appel de Douai a annoncé qu’elle se prononcera le 18 décembre sur l'appel de quatre personnes renvoyées en correctionnelle dans l'affaire du Carlton de Lille. Ceux-ci souhaitent être jugées devant les assises pour montrer l' "absurdité" de la situation.

"Carlton, le dossier X de DSK", aux éditions Jacob-Duvernet. 20 euros

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