Retour des djihadistes à Toulouse : "on va avoir plein de questions à leur poser"

Retour des djihadistes à Toulouse : "on va avoir plein de questions à leur poser"

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FAIT-DIVERS – Les proches des adolescents partis vers la Syrie début janvier se disent soulagés après leur retour dans leurs familles respectives. Même si des interrogations et des questions demeurent sur la motivation de leur périple.

Les deux apprentis "djihadistes" sont de retour dans la Ville rose. Si le plus âgé a rejoint Toulouse dimanche soir, le second s'est posé à l'aéroport Toulouse-Blagnac seulement mardi matin en provenance de Turquie.

Selon des témoins, lui et son père se sont engouffrés dans une voiture de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) qui les attendait sur le tarmac. Les policiers voudront savoir comment des lycéens en viennent à laisser tomber l'école pour un projet qui interpelle les autorités par l'âge de ses auteurs. Ce retour constitue le dénouement de trois semaines d'angoisse et d'attente pour les proches des deux adolescents .

"C'est choquant"

Autour du lycée des Arènes où ils sont scolarisés, les sentiments sont divers. "Je suis soulagé mais je vais avoir plein de questions à lui poser, je voudrais bien savoir où il est passé pendant tout ce temps", lance Félix, un camarade de classe d'Hakim* qui reconnaît avoir été inquiet durant sa disparition.

Un peu plus loin, Justine et Margaux élèves en terminale assises sur un banc pianotent sur leurs portables. "On ne les connaissait pas, mais c'est choquant d'apprendre que cela arrive dans son établissement", expliquent les deux jeunes filles. "Finalement cela montre que ce ne sont pas des cas isolés et que cela peut arriver à tout le monde !".

La famille a besoin de repos

Samir, en première, a une pensée pour les parents ("ils doivent être soulagés"), tandis qu'Hugo s'interroge sur le parcours des deux lycéens entre Toulouse et la Syrie. "Depuis le début on nous a dit qu'ils étaient dans des réseaux d'où il était difficile de sortir, c'est bizarre qu'ils soient revenus aussi rapidement non ?".

S'il est attendu de pied ferme dans sa classe, Hakim va sûrement vivre un retour plus tranquille à Pinsaguel et ses 2600 âmes coincés entre la Garonne, l'Ariège et l'A64 qui mène vers l'océan Atlantique. "J'ai lu cette histoire sur Internet, mais je ne savais même pas qu'un des deux habitait le village", s'étonne Annie, qui vit ici depuis les années 60. Dans le lotissement où réside la famille, de nombreux journalistes stationnaient mardi matin en attendant une déclaration du père qui ne viendra pas. En ouvrant à peine la porte de sa maison, le père de famille déclarait: "La famille a besoin de se reposer, ce sont des moments difficiles". Dans l'après-midi, Jean-Louis Coll le maire est sorti du domicile des parents d'Hakim en affirmant "qu'ils étaient épuisés et qu'ils avaient besoin de se reposer". 

* Le prénom a été changé.

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