Rosny-sous-Bois : "Plus le temps passe, plus la probabilité de retrouver des survivants est faible"

FRANCE

REPORTAGE - Sept morts, onze blessés et encore un disparu ce lundi matin, à la suite de l'explosion dimanche d'un immeuble à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Si la piste accidentelle liée au gaz reste privilégiée 12 heures après le drame, aucune hypothèse n'est écartée.

Des débris de verres jonchent le sol à une trentaine de mètres du lieu du sinistre, témoignant de la force d'une explosion entendue à plusieurs centaines de mètres alentours. L'effondrement d'un immeuble de quatre étages dimanche vers 7 heures du matin à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a provoqué la mort d'au moins six personnes selon un bilan provisoire dimanche soir. Parmi les victimes, une mère de famille de 40 ans et ses deux enfants de 14 et 18 ans, un enfant âgé d'une dizaine d'années, une femme de 45 ans et un autre adulte. Lundi matin, deux personnes étaient toujours recherchées : une femme octogénaire et un homme d'une cinquantaine d'années qui habitaient au rez-de-chaussée et à l'étage.

"Il y a eu une explosion surpuissante. Quand je suis sorti, c'était le chaos", témoigne à metronews Charly, 17 ans, qui habite tout près de l'immeuble détruit, avenue Jean-Jaurès. "J'ai aperçu des gens qui criaient, une femme était au bord de l'endroit où l'immeuble s'est coupé", raconte cet adolescent contraint de passer la nuit chez des amis, tandis que 22 personnes de l'immeuble ont été relogées selon le préfet de Seine-Saint-Denis Philippe Galli.

Une "course contre la montre"

En fin de journée, de nombreux riverains se massaient derrière les barrières dressées par les forces de l'ordre près du bâtiment. Plusieurs d'entre eux tentaient de recueillir des nouvelles sur des proches ou des connaissances pendant qu'une cinquantaine de sauveteurs, aidés par des chiens, poursuivaient leurs recherches dans les décombres.

"Les opérations sont très risquées parce que la partie du bâtiment qui reste debout menace de s'effondrer", explique le colonel des pompiers Bernard Tourneur, qui dirige les secours, évoquant des travaux parallèles d'étaiement. "On a encore l'espoir de retrouver des personnes vivantes", assurait le commandant de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris Gaëtan de Raucourt dimanche après-midi, évoquant une "course contre la montre". Mais "plus le temps passe, plus la probabilité de retrouver des survivants est faible", rappelle le préfet du 93.

Plusieurs travaux dans le secteur

Si le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a évoqué "une explosion vraisemblablement occasionnée par une fuite de gaz", le parquet de Bobigny a souligné qu'il n'y avait "pas de certitude" que la forte explosion "soit liée au gaz".

"Il y avait des travaux de gaz et d'ERDF (électricité) sur les lieux", a indiqué le commandant Gabriel Plus, se refusant à établir un lien à ce stade de l'enquête. De nombreux riverains, eux, n'hésitent pas à le faire. "Les travaux avaient pris du retard alors ils mettaient le turbo ces derniers jours", affirme Charly. "C'est une curieuse coïncidence", ajoute ce jeune riverain. "Un médecin m'a dit que ça puait le gaz dans l'immeuble récemment", témoigne de son côté son père. Une odeur de gaz qui se répandait comme une traînée de poudre à Rosny-sous-Bois. Aucun riverain rencontré ne l'avait pourtant sentie.

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