Saint-Nazaire : ils aboient contre le FN

FRANCE
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INSOLITE - A l’initiative de l’artiste Olivier de Sagazan, une cinquantaine de Nazairiens se sont réunis lundi soir devant la base sous-marine pour un concert d’aboiements. Par ce geste "absurde et désespéré", ils entendaient dénoncer le score du FN aux élections européennes.

Ils ont aboyé, mais n'ont pas mordu. Lundi soir, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées devant la base sous-marine de Saint-Nazaire … pour un concert d’aboiements. Chacun y est allé de son interprétation du langage canin : "ouaf-ouaf", "wouhou", "arf arf"… pendant une petite heure. Une initiative insolite mais très sérieuse, lancée par le plasticien Olivier de Sagazan pour dénoncer le score obtenu par le FN aux élections européennes.

L'artiste avait lancé l’appel sur les réseaux sociaux , invitant à  "venir aboyer au pied de la base sous... Marine de Saint-Nazaire". Sans pancarte, sans rien, précisait-il : "Juste pour aboyer." Une démarche absurde ? Justement. "C’est le geste le plus désespéré pour un humain, synonyme de la régression, à l'image de ces élections européennes", expliquait-il.

7 heures d'aboiements lors des municipales

Lundi soir, il a été rejoint par une cinquantaine de Nazairiens, lycéens, militants de gauche, rapporte Ouest-France. Derrière l’anecdote farfelue, l'initiative est très sérieuse. Ce geste artistique vise ainsi à "dire que si ceux qui votent FN ne sont pas, pour la majorité, des nazis en herbe, ils oublient que la pente est raide sur les extrêmes et que l'on a vite fait de glisser" , explique Olivier de Sagazan.

Il entend aussi dénoncer "ces partis de droite et de gauche qui n’ont pas été capables de rassembler autour de grandes et belles idées un peuple déçu par un monde affairiste". Olivier de Sagazan ne se place pas pour autant dans une démarche politique : "En tant qu’artiste, je n’ai aucun programme, si ce n’est montrer cette image absurde d’hommes qui ont ravalé leurs langues, et aboient dans ce geste désespéré de régression."

Cette initiative n’est pas une première. Le 30 mars dernier, au deuxième tour des élections municipales, Olivier de Sagazan avait aboyé durant sept heures, devant l’entrée d’un bureau de vote. Tout seul. Et sa démarche avait même suscité quelques inquiétudes chez des passants… et occasionné une visite de la police et des pompiers, s’interrogeant sur son état mental. Qui a dit que les artistes étaient incompris ?
 

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